CLOSE THIS BOOKConservation des L�gumes � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 186 p.)
CHAPITRE 2 - PRETRAITEMENTS
VIEW THE DOCUMENT2.1 G�n�ralit�s
VIEW THE DOCUMENT2.2 Lavage
VIEW THE DOCUMENT2.3 Pesage
VIEW THE DOCUMENT2.4 Epluchage
VIEW THE DOCUMENT2.5 Triage
VIEW THE DOCUMENT2.6 Parage
VIEW THE DOCUMENT2.7 Calibrage
VIEW THE DOCUMENT2.8 D�coupage
VIEW THE DOCUMENT2.9 R�page
VIEW THE DOCUMENT2.10 Broyage
VIEW THE DOCUMENT2.11 Pressage
VIEW THE DOCUMENT2.12 Blanchiment ou pr�cuisson-refroidissement
VIEW THE DOCUMENT2.13 Trempage dans un bain de conservation
VIEW THE DOCUMENT2.14 D�gorgeage et �gouttage

Conservation des L�gumes � Petite �chelle (CTA - ILO - WEP, 1990, 186 p.)

CHAPITRE 2 - PRETRAITEMENTS

2.1 G�n�ralit�s

Les l�gumes qui arrivent sur le lieu de transformation doivent subir une pr�paration avant d'�tre soumis aux proc�d�s qui assureront leur conservation.

Cette pr�paration s'effectue en plusieurs �tapes, diff�rentes selon le l�gume et la technique de conservation choisie.

2.2 Lavage

Principe

Appliqu� d�s l'arriv�e des l�gumes � l'usine, le lavage permet d'�liminer grossi�rement les pierres et les d�chets terreux des l�gumes qui n�cessitent un �pluchage (cet �pluchage sera d'ailleurs suivi d'un lavage compl�mentaire). L'�pluchage doit �tre particuli�rement soign� pour les l�gumes qui ne subissent qu'un lavage. Celui-ci sera suivi d'un �gouttage.

Mat�riel

- Eau. La qualit� de l'eau importe peu, � moins qu'il ne s'agisse d'un lavage final; dans ce cas, elle doit �tre potable.

- Bac de lavage. Celui-ci doit �tre muni de paniers permettant une r�cup�ration facile. Ces paniers peuvent �tre fixes ou agit�s manuellement ou m�caniquement (figure 1).

- Laveur � jet puissant qui asperge les l�gumes dispos�s sur un tapis perfor� ou grillag�.

- Laveur � tambour rotatif asperg� par un syst�me de jets. La rotation est assur�e manuellement ou � l'aide d'un moteur (figure 2).

Dans le cas du bac, l'eau doit �tre chang�e r�guli�rement. Le lavage en tambour est g�n�ralement plus �conomique, tandis que le syst�me par aspersion sur tapis ou dans un tambour permet de traiter de plus grandes quantit�s de l�gumes.

Cas particuliers

Il est plus facile de laver les l�gumes peu fragiles (tubercules et racines tub�reuses, racines non tub�reuses (carottes, navets, betteraves, oignons)) dans un laveur � tambour, apr�s les avoir pr�alablement tremp�s dans un bac. Les l�gumes qui s'�crasent facilement seront nettoy�s par trempages successifs dans des bacs, sous l�g�re agitation.

2.3 Pesage

Le pesage permet de conna�tre la quantit� exacte de l�gumes arrivant � l'usine et de calculer la quantit� des ingr�dients de fabrication, g�n�ralement �valu�e en kilo par kilo de produit.


Figure 1. Bac de lavage � panier perfor�


Figure 2. Laveur � tambour rotatif actionn� � la main

2.4 Epluchage

Principe et description

L'�pluchage �limine les parties externes non comestibles des l�gumes. Il peut se faire:

- � la main sur le l�gume intact. L'op�ration est longue et entra�ne des pertes importantes, mais elle requiert peu de mat�riel;

- � la main, apr�s un traitement des l�gumes r�alis� soit � la chaleur humide (les l�gumes sont plong�s dans l'eau bouillante ou dans un bain de vapeur qui provoque apr�s refroidissement un d�tachement facile ou spontan� de la peau), soit � la chaleur s�che (les l�gumes sont grill�s sur une flamme et pel�s � la main);

- � la main, apr�s passage des l�gumes dans une solution alcaline: le bain alcalin est g�n�ralement bouillant et contient entre 5 et 20 pour cent de soude (5 � 20 kg de soude pour 100 kg de solution). Les l�gumes doivent �tre ensuite soigneusement rinc�s pour �liminer toute trace de soude susceptible de compromettre leur conservation ult�rieure. Il est donc pr�f�rable d'utiliser les autres m�thodes d'�pluchage;

- par voie m�canique: cette m�thode n'est applicable qu'aux racines et tubercules, peu sensibles � l'�crasement. Elle s'accompagne d'une aspersion d'eau qui assure l'�limination des �pluchures. Elle pr�sente l'inconv�nient de ne pas atteindre les parties concaves, qui doivent �tre �pluch�es � la main.

Mat�riel

a) Op�ration manuelle

- couteau simple (en acier inoxydable de pr�f�rence, certains l�gumes r�agissant au contact des mat�riaux ferreux);

- couteaux am�lior�s (figures 3 a, b et c).

b) Op�ration manuelle apr�s traitement

- couteaux divers (figure 3 d);

- r�cipients de cuisson: marmites pour cuisson � l'air libre, avec filet ou panier int�rieur (cuisson � l'eau) ou marmites avec couvercle (autoclaves) avec filet ou panier int�rieur (cuisson � la vapeur). Dans le cas d'un traitement � la soude, le mat�riel destin� � contenir la soude dilu�e bouillante doit r�sister � un tel traitement (acier inoxydable);

- mat�riel de grillage: cylindre grillag� rotatif, chauff� directement � la flamme.

c) Op�ration m�canique

- cylindre dont le fond est constitu� par un disque tournant qui provoque un mouvement ondulatoire et rotatoire (900 tours/mn) et dont les parois verticales sont constitu�es d'un mat�riau abrasif (fonte �meris�e). Des aspersions d'eau �liminent les d�chets issus de l'�pluchage;

- b�tonni�re: cylindre horizontal tournant � 40 tours/mn. Un rev�tement interne abrasif ou des lames de bois assurent une abrasion des l�gumes, accentu�e par un frottement des l�gumes entre eux. Une alimentation en eau (aspersion ou pompe) assure l'�vacuation des d�chets;

- �plucheuse � couteaux cylindriques �tudi�e sp�cialement pour le manioc mais adaptable �ventuellement � d'autres l�gumes (figure 5): un cylindre est muni de couteaux longitudinaux, l'autre d'une surface rugueuse. Les couteaux sont espac�s de 15 mm et inclin�s � 15°. Un moteur de 1 CV tournant � 1.425 tours/mn entra�ne la rotation des cylindres en sens inverse;

- �plucheuse broyeuse (sp�cifique au manioc) (figure 6) constitu�e par un poste de coupe qui coupe les racines longitudinalement en 4 morceaux et d'un poste de s�paration �corce-pulpe, constitu� d'un cylindre sup�rieur (lisse et plein) qui �crase la racine coup�e contre un cylindre inf�rieur alv�ol� qui s�pare la pulpe sous forme de d�.


Figure 3 a et b. Couteaux � �plucher racines et tubercules


Figure 3 c et d. Couteau � peler et couteau � �trognonner fruits et l�gumes


Figure 4. Eplucheuse type b�tonni�re


Figure 5. Eplucheuse � couteaux cylindriques sp�ciale pour le manioc - D�tail des cylindres � couteaux


Figure 5. Eplucheuse � couteaux cylindriques sp�ciale pour le manioc - Vue lat�rale


Figure 6. Eplucheuse broyeuse � manioc, type Bertin

Le tableau 4 r�sume les diverses caract�ristiques d'�pluchage du manioc.

Cas particuliers

Ils sont r�sum�s dans le tableau 5.

2.5 Triage

Il a pour but de trier les produits d�fectueux (pourris, pas assez m�rs ou �cras�s). Il s'effectue manuellement sur une table de triage et peut �tre r�alis� pendant le parage.

Les �carts de triage sont r�colt�s dans des bacs.

2.6 Parage

Il permet d'�liminer les trognons, racines, parties endommag�es ou insuffisamment m�res, queues et fils. Il se fait uniquement � la main � l'aide de couteaux bien aff�t�s en acier inoxydable ou de couteaux am�lior�s (figure 3 d) sur des tables de parage. Les d�chets sont recueillis dans des bacs. Les parties devant �tre �limin�es chez certains l�gumes sont mentionn�es � titre d'exemple dans le tableau 6.

Tableau 4. Comparaison des diff�rents proc�d�s d'�pluchage du manioc

Epluchage

Productivit� horaire

Nombre de personnes

Productivit� par personne

Rendement

Racines �pluch�es

Consommation en �nergie

Consommation en eau


(kg/h)

(p)

(kg/h/p)

(%)

(kg/h/p)

(kWh/100 kg)

(1/100 kg)

Couteau de cuisine

22

1

22

80

17,6

0

0

B�tonni�re

120

1

120

72

86,4

0,61

40

Eplucheuse � couteaux cylindriques:









- racines non tri�es

165

1

165

84

118,5

0,44

0


- racines tri�es

185

2

93

79,6

74

0,40

0

Eplucheuse broyeuse

800

4

200

73

146

0,46

0

Source: Vinck, D., 1982.

Tableau 5. Modes d'�pluchage des l�gumes

L�gumes

Epluchage manuel

Epluchage m�canique


Direct

Apr�s traitement � la chaleur

Apr�s grillage

Apr�s traitement alcalin


Patates douces

X

115,6°C (9-12 mn)


100°C (soude 15-20%) (6-8 mn)

X

Ignames

X

X


100°C (soude � 10%)

X

Manioc

X




X

Pois - Haricots

X





Soja


X




Feuilles

X





Tomates


100°C (30-60s)




Poivrons



X



Carottes

X



100°C (soude � 5 ou 10%)

Apr�s blanchiment

Navets-Choux-navets

X





Betteraves

X

X



X

Oignons

X


X


X

Tableau 6. Parties �limin�es lors du parage

L�gumes

Parties � �liminer

Tubercules et racines

Extr�mit�s


Choux

Feuilles ext�rieures et trognon

Poireaux

Racines

Epinards et autres feuilles

Grosses nervures


Tomates

Trognon

Gombos

Extr�mit�s

Poivrons

Coeur et cloisons

Haricots verts

Extr�mit�s et fils


Oignons et navets

Fanes et racines

Betteraves

Extr�mit�s (apr�s cuisson)

2.7 Calibrage

Principe et description

Le calibrage consiste � trier les l�gumes selon leur taille pour les r�partir en lots homog�nes.

L'homog�n�it� de taille est importante dans certains cas de traitement de conservation qui font intervenir des transferts de mati�re (eau, sel, acide) ou de chaleur. Le calibrage s'effectue sur des produits entiers, qui ne sont pas destin�s � subir ult�rieurement des r�ductions de taille (d�coupage, r�page). Le calibrage des produits coup�s se fait en m�me temps que leur d�coupage. Il peut se faire par une mise en mouvement manuelle ou m�canique du produit ou de l'appareil de calibrage.

Mat�riel

La plupart des appareils de calibrage peuvent fonctionner manuellement ou m�caniquement selon le m�me principe:

- calibreuse � vibrations: il s'agit d'un tamis pos� sur un cadre secou� manuellement ou m�caniquement. Des tamis de diam�tres diff�rents peuvent �tre superpos�s pour r�partir les l�gumes de diff�rents calibres en une seule op�ration;

- calibreuse � tambour rotatif (figure 8): un cylindre rotatif � axe l�g�rement inclin� est perfor� de trous ou de fentes de calibres croissants par lesquels passent les l�gumes. Les l�gumes fragiles sont calibr�s par vibration, les autres dans un tambour rotatif.


Figure 7. Evidoir � poivrons


Figure 8. Calibreuse � tambour rotatif

2.8 D�coupage

Principe et description

Le d�coupage a pour but de r�duire la taille des l�gumes de fa�on � faciliter la migration de l'eau au cours du s�chage, la p�n�tration de sel ou d'acide ainsi que les transferts de chaleur � l'appertisation. En r�duisant l'�paisseur des morceaux, on diminue la dur�e du traitement, ce qui assure dans bien des cas une meilleure conservation des qualit�s organoleptiques et nutritionnelles des l�gumes.

Pour un traitement homog�ne, il importe que la taille des morceaux soit sensiblement la m�me et que ceux-ci soient bien s�par�s les uns des autres.

Mat�riel

- couteau en acier inoxydable;

- plaque � lames multiples, type tranche-tomates;

- tranche-l�gumes (figure 9) constitu� d'une lame tranchante fix�e sur un support de bois;

- disque tranchant entra�n� par un moteur plac� � la base d'un collecteur contenant les l�gumes;

- cylindre rotatif muni longitudinalement de lames qui coupent les l�gumes provenant d'une tr�mie (figure 10).

Cas particuliers

Ces diff�rents types de mat�riel ne sont pas utilisables pour tous les l�gumes. Le tableau 7 r�sume les possibilit�s et indique la taille des cossettes � r�aliser.


Figure 9. Tranche-l�gumes


Figure 10. Trancheuse m�canique � cylindre

Tableau 7. D�tails concernant le d�coupage des l�gumes

L�gumes

Mat�riel utilis�

Taille des cossettes (�paisseur en mm)


Couteau

Plaque � lames multiples

Tranche-l�gumes

Disque tranchant

Cylindre rotatif


Patates douces

X


X

X

X

2-3

Ignames

X


X

X

X

5

Manioc

X


X

X

X


Choux

X





5

Poireaux

X





3

Epinards

X






Tomates

X

X




7-10

Gombos

X






Poivrons

X





5

Haricots verts

X





20 (longueur)

Piments

X






Carottes

X



X


5-6

Oignons

X



X


4

Navets

X



X



Betteraves

X



X


2-3

2.9 R�page

Principe et description

Le r�page a pour but de r�duire consid�rablement la taille des l�gumes � traiter, les morceaux n'�tant plus s�parables les uns des autres. Il est pratiqu� essentiellement sur des l�gumes fermes comme les racines, les tubercules et les bulbes.

Mat�riel

- r�pe manuelle (morceau de t�le perfor�e artisanalement � l'aide d'un clou); les pertes sont toutefois importantes et le danger de se blesser les doigts �vident;

- r�pe � cylindre perfor�, entra�n� par un moteur, d'un rendement de 250 � 1.000 kg de manioc/heure/personne (figure 11);

- r�pe � cylindre muni de lames longitudinales (figure 12). L'absence d'alv�oles facilite le nettoyage. Le rendement est d'environ 500 kg de manioc/heure/personne;

- r�pe artisanale � p�dalier (figure 13). Un disque de bois entra�n� par un p�dalier est muni de morceaux de lames en dents de scie. Exempte d'alv�oles, cette r�pe est facile � nettoyer;

- r�pe � disque entra�n�e par un moteur (figure 14). Le disque est perfor�, ce qui le rend difficile � nettoyer. Le rendement est de quelques centaines de kilos de manioc par heure et par personne.

On enregistre les pertes les plus fortes dans le cas du r�page manuel; toutefois, les autres syst�mes peuvent �galement laisser passer de gros morceaux de l�gumes non r�p�s dans certains cas. L'entretien se r�v�le plus facile pour les r�pes � lames (r�pe � p�dalier ou � cylindre muni de lames). Les r�pes � cylindre et � disque n�cessitent un moteur de 2 � 3 CV.


Figure 11. R�pe � cylindre perfor�


Figure 12. R�pe � cylindre muni de lames longitudinales


Figure 13. R�pe � p�dalier


Figure 14. R�pe � disque � moteur

2.10 Broyage

Principe et description

Le broyage est effectu� soit pr�alablement au s�chage, pour faciliter la d�shydratation, soit en tant que post-traitement du s�chage, pour transformer les produits s�ch�s en poudre.

Le broyage r�alis� sur le produit humide concerne essentiellement le manioc, encore que celui-ci puisse �tre s�ch� sous forme de cossettes, puis r�duit en poudre une fois d�shydrat�.

Mat�riel

Le broyage manuel est effectu� au pilon et mortier.

Il existe essentiellement 4 types de broyeurs m�caniques, dont certains sont peu utilisables pour les produits humides (voir le chapitre 3). Ces produits peuvent �tre r�duits � l'�tat de p�te � l'aide de:

- broyeurs � marteaux (figure 15): plusieurs jeux de marteaux (jusqu'� 6) sont dispos�s radialement sur un rotor qui tourne � 1000-1500 tours/mn dans un carter muni d'une grille perfor�e semi-circulaire tenant lieu d'“enclume”. Les perforations de ces grilles interchangeables varient entre 3 et 5 mm de diam�tre. Ce type de broyeur pr�sente l'avantage d'une grande robustesse; il peut r�sister aux pierres et aux cailloux et �tre fabriqu� localement;

- broyeurs � couteaux: � la diff�rence des broyeurs pr�c�dents, ces appareils sont munis d'une multitude de lames bien aiguis�es fix�es sur un rotor tournant � 1.000 tours/mn environ.


Figure 15. Principe de fonctionnement du broyeur � marteaux

2.11 Pressage

Principe et description

Le pressage s'applique plus particuli�rement au manioc ayant subi un rouissage ou � la pulpe de manioc en cours de fermentation. Il a pour but d'�liminer une partie de l'eau en comprimant le produit, de fa�on � acc�l�rer l'�tape suivante de s�chage proprement dit.

Il s'effectue sur des racines rouies enti�res, r�p�es, broy�es ou sous forme de cossettes et doit �tre suivi d'un �mottage manuel pour faciliter le s�chage.

Mat�riel

De nombreux syst�mes de pressage existent, certains tr�s artisanaux, d'autres plus �labor�s:

- pressage par torsion d'un sac en fibres textiles tiss�es ou tress�es contenant la mati�re � presser (figure 16). Ce syst�me ne peut �tre utilis� que pour de tr�s petites quantit�s au niveau familial;

- pressage de pulpe en sacs dispos�s dans un panier sous une charge de grosses pierres.

Ces deux syst�mes pr�sentent l'avantage d'�tre tr�s simples et de n'employer que des mat�riaux locaux.

- pressage de sacs contenant le produit et dispos�s entre des planches maintenues au moyen de cordages (figure 17). Comme les syst�mes pr�c�dents, il est tr�s facile � installer, mais moins ais� � mettre en oeuvre;

- presse � levier (figure 18): un levier soumis � un poids provoque la descente du plateau qui comprime les sacs de produits dispos�s en dessous;

- presse � vis (figure 19) ou � oreillons: par un syst�me de manivelle et un pas de vis, on force un plateau contre la masse � presser.

La presse � levier et la presse � vis sont deux syst�mes qui utilisent la force humaine et sont plus efficaces que les pr�c�dents. Les op�rations de chargement et d�chargement des sacs subsistent toutefois. Chaque cycle de fonctionnement dure environ une heure.

- presse hydraulique (figure 20): un piston central, actionn� par une pompe � huile ou � eau, provoque le d�placement d'un plateau qui applique une forte pression sur les sacs contenant la mati�re � presser. Le produit est press� en une ou deux fois, et chaque cycle dure environ 20 � 30 mn. Avec un moteur de 4 CV, une telle presse peut traiter 1.500 kg de manioc par heure, avec un taux d'extraction sup�rieur � 40 pour cent, le taux d'extraction �tant d�fini par la relation: quantit� de liquide extrait/quantit� de produit;

- presse centrifuge (figure 21): la force centrifuge r�sultant de la rotation du tambour applique fortement la masse contre les parois perfor�es de celui-ci; cette pression provoque une exsudation du jus qui s'�chappe au travers des parois perfor�es recouvertes d'un tamis en toile m�tallique;

- presse � rouleaux (figure 22): la pulpe � presser est amen�e manuellement entre deux rouleaux tournant en sens inverse et munis d'une gaine en caoutchouc de fa�on � �tre jointifs; prise entre ces rouleaux, la masse est �cras�e et le jus s�par�. Ce syst�me fonctionne en continu et n�cessite une personne pour assurer une alimentation r�guli�re. Les cylindres sont entra�n�s par un moteur de 5 CV.


Figure 16. Pressage par torsion d'un sac


Figure 17. Pressage de sacs entre planches


Figure 18. Presse � levier


Figure 19. Presse � vis


Figure 20. Presse hydraulique


Figure 21. Presse centrifuge


Figure 22. Presse � rouleaux

2.12 Blanchiment ou pr�cuisson-refroidissement

Principe et description

a) Blanchiment

Le blanchiment vise � inhiber les actions enzymatiques susceptibles de provoquer une alt�ration du produit pendant ou apr�s le traitement de conservation.

Il consiste en un traitement rapide � la chaleur et peut �tre r�alis� suivant deux m�thodes:

- le blanchiment � l'eau: on immerge les l�gumes dans de l'eau bouillante de fa�on � ce qu'ils soient totalement recouverts. Il est n�cessaire d'employer environ 10 litres d'eau par kg de l�gumes; cette eau peut en g�n�ral �tre r�utilis�e jusqu'� 5 ou 6 fois. Elle doit satisfaire � certaines exigences physico-chimiques et microbiologiques;

- le blanchiment � la vapeur: les l�gumes sont plong�s dans une atmosph�re de vapeur cr��e par l'�bullition d'un certain volume d'eau au fond du r�cipient. Ils sont dispos�s dans un treillis m�tallique en couches de faible �paisseur et non tass�es de fa�on � �tre soumis uniform�ment � l'action de la vapeur.

Chacune de ces techniques poss�de ses avantages et ses inconv�nients, r�sum�s au tableau 8. Le choix de la technique d�pend des conditions locales et du produit lui-m�me.

Le blanchiment doit n�cessairement �tre suivi d'un refroidissement imm�diat, r�alis� par immersion dans un bac d'eau courante ou par pulv�risation, de fa�on � �viter une surcuisson des l�gumes et une perte importante de vitamines.

b) Pr�cuisson

Il s'agit en fait d'un blanchiment prolong� qui, en plus des avantages du blanchiment, assure un ramollissement de la texture du l�gume.

Ce traitement est r�alis� de la m�me fa�on que le blanchiment, selon les deux m�thodes possibles, mais pendant un laps de temps sensiblement plus long.

Mat�riel

La diff�rence entre l'�chelle artisanale et semi-industrielle, pour cette op�ration, ne r�side en fait que dans le dimensionnement du mat�riel; celui-ci est en effet semblable dans son principe, et comprend:

- un panier ou treillis m�tallique (figure 23), ne comportant ni fer ni cuivre, muni d'un syst�me de soul�vement pour les grandes capacit�s. Dans le cas des unit�s artisanales, le panier peut �tre fabriqu� en mat�riaux locaux (osier par exemple);

- un r�cipient de cuisson, muni ou non d'un couvercle. Ce dernier est cependant n�cessaire, dans le cas d'un blanchiment ou d'une cuisson � la vapeur, pour maintenir une atmosph�re suffisamment riche en vapeur et �viter un refroidissement des l�gumes au contact de l'air;

- des bacs aliment�s en eau courante, tr�s r�guli�rement nettoy�s, destin�s � assurer le refroidissement des l�gumes;

- des tapis grillag�s surmont�s d'une rampe d'aspersion, �galement pour le refroidissement.

Tableau 8. Avantages et inconv�nients respectifs du blanchiment � l'eau ou � la vapeur

Proc�d�

Avantages

Inconv�nients

Blanchiment � l'eau

Simplicit� du mat�riel, co�ts d'achat et d'entretien peu �lev�s

Bonne connaissance du traitement � appliquer

Valeur �lev�e du coefficient d'�change thermique entre l'eau et le produit, donc temps de blanchiment plus court

Lavage simultan� du produit

Possibilit� de r�gler la temp�rature

Capacit� importante pour un encombrement r�duit

Emploi d'eau en grande quantit� et � temp�rature �lev�e, donc:

- grande consommation d'�nergie
- beaucoup d'effluents

Pertes d'�l�ments nutritifs par dissolution dans l'eau de blanchiment

Blanchiment � la vapeur

Faible quantit� d'eau � utiliser, donc:

- consommation d'�nergie moindre
- faible quantit� d'effluents

R�tention de constituants solubles (mais elle n'est que momentan�e)

Difficult� de nettoyage du treillis m�tallique

Difficult� d'obtenir un traitement uniforme

Valeur peu �lev�e du coefficient d'�change thermique, donc temps de blanchiment plus long

Temp�rature de travail unique

Encombrement important pour une capacit� r�duite (faible �paisseur des couches de produits)

Cas particuliers

Le bain de blanchiment contient parfois certains produits pouvant agir sur la conservation des produits (sel, bicarbonate de soude). Ces produits, ainsi que les temps de blanchiment, d�pendent de la technique de conservation choisie. Les pr�cisions concernant chaque cat�gorie de l�gumes seront apport�es dans les chapitres correspondants.

2.13 Trempage dans un bain de conservation

Principe et description

Cette op�ration est uniquement r�alis�e avant le s�chage en vue d'�viter les alt�rations de couleur, d'ar�me ou de texture susceptibles d'�tre engendr�es par une longue exposition des l�gumes � des temp�ratures de 30 � 50°C ou plus.


Figure 23. Blanchisseur � panier m�tallique relevable

A cette fin, on plonge les l�gumes, imm�diatement avant le s�chage, dans un bain contenant des agents de conservation tels que l'anhydride sulfureux (SO2), le chlorure de sodium (NaCl) ou les deux en combinaison.

Apr�s le temps d'immersion n�cessaire, on laisse le produit s'�goutter naturellement, hors du bain. Ce dernier peut �tre r�utilis� � plusieurs reprises, � condition de r�ajuster sa concentration en agent de conservation.

Mat�riel

Il comprend un r�cipient quelconque et un filet (en tissu ou en m�tal) pouvant �tre suspendu pour permettre l'�gouttage. Les mat�riels en cuivre ou en fer sont proscrits.

Cas particuliers

La concentration du bain et les temps de trempage sont indiqu�s au tableau 9.

2.14 D�gorgeage et �gouttage

Principe et description

Cette op�ration est r�alis�e seulement avant la mise au vinaigre des l�gumes. Elle a pour but d'�liminer partiellement l'eau contenue dans les l�gumes et d'�viter ult�rieurement une dilution pr�judiciable du vinaigre.

Le d�gorgeage s'effectue en maintenant les l�gumes pendant un temps plus ou moins long en milieu sal�. La quantit� de sel utilis�e doit �tre suffisante pour recouvrir les l�gumes dispos�s en couches.

Le sel est ensuite �limin� et le l�gume mis � �goutter soigneusement.

Mat�riel

R�cipient quelconque et filet d'�gouttage (� l'exclusion d'un mat�riel en fer ou en cuivre).

Cas particuliers

Les temps de d�gorgeage pour les l�gumes n�cessitant ce traitement sont d�taill�s dans le tableau 10.

Tableau 9. R�alisation du trempage dans un bain de conservation

L�gumes

Agents de conservation


Anhydride sulfureux (SO2) (apport� par du m�tabisulfite)

Chlorure de sodium (NaCl)


Temps (mn)

Quantit� � ajouter (g/l)

Temps (mn)

Quantit� � ajouter (g/l)

Patates douces

1

12



Choux

1

12



Tomates

3

9

3

100

Gombos

1

12



Poivrons

1

3



Haricots verts

1

12



Carottes

1

12



Oignons



5

50

Navets-Choux-navets

1

12



Tableau 10. Temps de d�gorgeage des l�gumes avant mise au vinaigre

L�gumes

Temps (en heures)

Concombres

12

Cornichons

24 (apr�s agitation dans un sac contenant du sel)

Tomates vertes

12

TO PREVIOUS SECTION OF BOOK TO NEXT SECTION OF BOOK