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CHAPITRE III. STOCKAGE AU NIVEAU VILLAGEOIS
I. LE STOCKAGE TRADITIONNEL
VIEW THE DOCUMENTI.1 G�n�ralit�s
VIEW THE DOCUMENTI.2 Les greniers traditionnels
VIEW THE DOCUMENTI.3 Probl�mes en cours de stockage
II. AMELIORATION DU STOCKAGE VILLAGEOIS
VIEW THE DOCUMENTII.1 Am�lioration du s�chage
VIEW THE DOCUMENTII.2 Am�lioration des structures traditionnelles de stockage
III. UTILISATION DE STRUCTURES NOUVELLES
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VIEW THE DOCUMENTIII.1 Les silos en b�ton
VIEW THE DOCUMENTIII.2 Les silos m�talliques
VIEW THE DOCUMENTIII.3 Structures en plastique
IV. LA DESINSECTISATION
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VIEW THE DOCUMENTIV.1 M�thodes de lutte traditionnelles
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Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)

CHAPITRE III. STOCKAGE AU NIVEAU VILLAGEOIS

I. LE STOCKAGE TRADITIONNEL

I.1 G�n�ralit�s

Les caract�ristiques du stockage villageois sont les suivantes:

- Bien que repr�sentant la forme essentielle du stockage dans les pays en d�veloppement, il int�resse g�n�ralement des quantit�s unitaires tr�s faibles avoisinnant 1 � 2 tonnes (pour les c�r�ales) et d�passant rarement 5 tonnes;

- Les grains sont principalement destin�s � l'autoconsommation. Cependant, une part des stocks est r�serv�e � la semence et parfois � la vente;

- Les stocks, dont une partie est pr�lev�e chaque jour pour la consommation imm�diate, sont surtout � moyen terme (une ann�e) pour couvrir les besoins familiaux jusqu'� la r�colte suivante. Le stockage � long terme (pluriannuel) est plus rare. Ce stockage pr�visionnel est surtout pr�sent dans les r�gions ou les al�as climatiques (s�cheresse) ont de tous temps oblig� les hommes � constituer des r�serves pour plusieurs ann�es (en zone sah�lienne par exemple);

- Les r�coltes ont g�n�ralement subi un s�chage sur pied, au champ, durant une p�riode plus ou moins longue suivant les conditions climatiques. Au cours de cette p�riode, les grains ont pu subir des attaques par les d�pr�dateurs (insectes, rongeurs, oiseaux);

- Les produits sont parfois stock�s en �pis, notamment durant les premiers mois du stockage et sont souvent propres du fait d'un triage manuel effectu� par le paysan avant l'emmagasinage.

I.2 Les greniers traditionnels

Les structures traditionnelles de stockage varient selon les pays et selon les zones climatiques. Toutefois, toutes sont construites avec des mat�riaux disponibles localement qui sont essentiellement la terre, la pierre, les fibres v�g�tales et le bois.

Les greniers ferm�s

Les greniers "en banco" des zones sah�liennes de l'Afrique repr�sentent un cas typique de grenier ferm�. De section circulaire ou carr�e, ces greniers sont construits en terre plus ou moins arm�e de fibres v�g�tales. La base de l'�difice, parfois constitu�e de rondins de bois, repose sur des pierres pour �viter les remont�es d'humidit�. Le toit de chaume prot�ge l'ouverture de remplissage (et de vidange) situ�e dans sa partie sup�rieure. Certains greniers de forme sph�rique ont une ouverture sup�rieure de taille r�duite qui peut �tre obtur�e par un couvercle (par exemple en pierre) lut� � l'argile. Les greniers sont parfois divis�s en plusieurs compartiments pour stocker des produits diff�rents.

Ces structures ferm�es sont adapt�es aux zones s�ches o� les grains sont, d�s la r�colte, dans un �tat de siccit� important, donc stables vis-�-vis du d�veloppement des micro-organismes. Leur principal d�faut est de ne pas pr�senter une protection efficace contre les attaques d'insectes et de rongeurs. Les greniers mal construits (emploi de mauvais mat�riaux par exemple) et mal entretenus peuvent pr�senter de nombreuses fissures qui sont autant de caches pour les insectes et qui constituent des foyers d'infestation quasi-permanents.

Les figures III.1 et III.2 illustrent ces greniers traditionnels en terre.

Les greniers a�r�s

Les greniers a�r�s constituent la structure de stockage typique des zones humides, bien qu'on les retrouve parfois dans les zones s�ches (voir figures III.3 et III.4). Ils sont g�n�ralement constitu�s de fibres v�g�tales tress�es et r�unies en une sorte de grand panier pos� sur une plateforme en bois situ�e � plusieurs dizaines de centim�tres du sol. Cette plateforme est soutenue par un ensemble de petits piliers (rondins de bois par exemple). L'ensemble est recouvert d'un toit de chaume. Suivant les zones, les fibres v�g�tales utilis�es sont des chaumes de c�r�ales ou des feuilles de palmier maintenues par des armatures en branchage ou en bambou. La nature ajour�e des parois ne permet que le stockage de produits en �pis.


Figure III.1 Grenier en banco (C�te-d'Ivoire)


Figure III.2 Grenier en banco (Niger)


Figure III.3 Grenier en paille tress�e (Indon�sie)


Figure III.4 Grenier a�r� en chaume (Burkina Faso)

Les greniers a�r�s sont adapt�s aux zones humides ou les produits, malgr� un pr�s�chage au champ, n'atteignent pas au moment de la r�colte, l'humidit� de sauvegarde. Leur paroi non �tanche permet la libre circulation de l'air � travers la masse ensil�e et par cons�quent la finition du s�chage au cours des premiers mois de stockage.

Certains greniers, qui peuvent �tre class�s dans la cat�gorie des greniers a�r�s, ne pr�sentent pas de parois propres. Ils sont simplement constitu�s d'un empilement d'�pis sur une plateforme sur�lev�e. Le tout est parfois recouvert d'un toit de chaume. C'est le cas par exemple des "meules" de paddy (figure III.5) ou des "ebliva" togolais pour le stockage du ma�s (figure III.6). La forme arrondie de l'ensemble et la disposition serr�e des �pis lors de la confection du grenier ne permettent pas d'assurer une bonne ventilation naturelle du produit. La pr�sence des spathes sur les �pis de ma�s emp�che la bonne a�ration des grains et le s�chage des �pis. Des moisissures peuvent alors se d�velopper dans la masse stock�e, notamment dans les greniers de diam�tre important.

Les greniers a�r�s traditionnels ne pr�sentent pas en g�n�ral de protection contre les rongeurs ni contre les insectes. De plus, dans les zones humides ou ils sont utilis�s, le risque de d�veloppement des moisissures subsiste. Ces greniers a�r�s doivent �tre consid�r�s comme des structures de s�chage ou de finition de s�chage plut�t que comme des structures de stockage proprement dit.

Autres types de greniers

Les greniers de type classique d�crits pr�c�demment sont g�n�ralement �difi�s pr�s des habitations et, plus rarement, sur le lieu de r�colte. D'autres structures de stockage sont plac�es � l'int�rieur m�me des locaux. Ce sont les jarres en terre ou des coffres en bois souvent utilis�s pour le stockage des grains. Dans les locaux d'habitation, l'entreposage des produits en �pis sur un faux plafond (le soberado en Am�rique du Sud) est �galement pratique courante, notamment pour les produits auxquels les paysans attachent un int�r�t particulier (semences par exemple).


Figure III.5 Meule de paddy (C�te d'Ivoire)


Figure III.6 Grenier de ma�s type "ebliva" (Togo)

I.3 Probl�mes en cours de stockage

Dans les zones s�ches, telles que les zones sah�liennes, les conditions climatiques post-r�colte sont favorables au stockage, du moins en ce qui concerne le facteur essentiel qu'est l'humidit�. Les structures traditionnelles en terre permettent en g�n�ral une bonne conservation des produits r�colt�s secs. Certaines �tudes montrent en effet que le niveau des pertes pond�rales au cours du stockage des c�r�ales traditionnelles (mil, sorgho) conserv�es en �pis est relativement faible et est souvent inf�rieur � 5 pour cent. Il faut cependant se garder de g�n�raliser car d'autres produits, tel que le ni�b�, restent tr�s vuln�rables. Dans ces zones, les risques de d�gradation des stocks proviennent essentiellement des insectes et des rongeurs.

Dans les zones humides, le probl�me est plus grave et le niveau des pertes appara�t nettement plus �lev� bien qu'on ne dispose pas de donn�es pr�cises � ce sujet. Outre les d�g�ts dus aux insectes et aux rongeurs, le risque essentiel est celui du d�veloppement des moisissures, notamment pour les r�coltes de premi�re saison des pluies. Le syst�me traditionnel consiste � laisser s�cher le produit sur pied (ma�s par exemple) jusqu'� une humidit� de 20 pour cent au moins avant de le stocker dans des structures traditionnelles a�r�es.

Ce syst�me de stockage pr�sente deux inconv�nients majeurs:

- en ne lib�rant pas les terres d�s que le grain est m�r, il retarde la pr�paration des champs pour une �ventuelle seconde culture;

- il expose les r�coltes aux attaques des diff�rents d�pr�dateurs.

Une solution consiste � r�colter le produit des qu'il a atteint sa maturit�. Son humidit� est cependant telle (25 � 30 pour cent pour le ma�s par exemple) qu'il est impossible de le stocker dans les structures classiques sans risquer le d�veloppement des moisissures. Il est donc indispensable dans tous les cas de s�cher le produit.

II. AMELIORATION DU STOCKAGE VILLAGEOIS

II.1 Am�lioration du s�chage

L'objet de ce dossier n'est pas le s�chage des grains. Cependant, il s'av�re n�cessaire de rappeler bri�vement quelques m�thodes qui permettent de faciliter le s�chage des denr�es au niveau villageois. En effet, dans de nombreuses zones, l'am�lioration du stockage passe n�cessairement par l'am�lioration du s�chage.

Le s�chage solaire est souvent utilis� dans les r�gions tropicales o� il est courant d'�tendre le produit en couches minces, sur le sol ou sur le toit des habitations. Diff�rentes techniques peuvent �tre utilis�es pour parfaire le s�chage. Celles-ci sont bri�vement d�crites dans cette section.

a) S�choirs solaires am�lior�s

Aire de s�chage: Il s'agit d'une plateforme b�tonn�e, quelque peu sur�lev�e par rapport au sol, et l�g�rement en pente pour permettre l'�vacuation rapide des eaux de pluie. Le terrain sur lequel repose la plateforme doit �tre parfaitement drain�. Un abri, o� l'on pourra entreposer le produit en cas de pluie, est construit � proximit�. Pour de petites quantit�s de produit, le s�chage peut se faire en couche mince sur de simples tables sur�lev�es. Des b�ches plastiques peuvent �tre pr�vues pour recouvrir le produit en cas de pluie.

B�ches plastiques: Pour de petites quantit�s de produit, des b�ches en plastique de couleur noire peuvent �tre utilis�es comme aire de s�chage portative (figure III.7). Certaines sont pourvues d'oeillets pour le passage d'une corde qui permet de refermer la b�che en cas de pluie. Ces b�ches sont tr�s utiles pour le s�chage des haricots en grains. Les plus grands mod�les peuvent contenir jusqu'� 150 kg de produit.

Claies: L'utilisation de diff�rentes claies (par exemple, s�choir basculant illustr� � la figure III.8, "s�choir autobus") peut �galement �tre pr�conis�e pour am�liorer le s�chage solaire des produits. La figure III.9 repr�sente une claie utilisable pour le s�chage des �pis de mil. De conception simple (rondins de bois), elle est facilement r�alisable par les villageois. La figure III.10 illustre une technique tr�s simple pour am�liorer le s�chage des panicules de riz paddy.


Figure III.7 Utilisation de b�ches plastiques pour l'am�lioration du s�chage du grain


Figure III.8 S�choir de grain basculant


Figure III.9 Claies de s�chage du mil


Figure III.10 S�chage de panicules de riz sur perroquet

b) Autres s�choirs

D'autres syst�mes de s�chage sont �galement utilis�s au niveau villageois. Le s�choir � bio-combustible (bois), vulgaris� en Afrique de l'Ouest sous le nom de s�choir de brousse Brooks permet de r�chauffer l'air gr�ce � un foyer constitu� de f�ts m�talliques. L'air s'�l�ve par convection naturelle et traverse une grille sur laquelle est �tendu le produit � s�cher (en couches minces de 10 cm pour du ma�s en grain et de 30 cm pour des �pis). Ce s�choir, tr�s rustique, permet de s�cher environ 200 � 300 kg de ma�s de 20 � 14 pour cent d'humidit� en une journ�e. Son rendement �vaporatoire tr�s faible (environ 5000 Kcal par kg d'eau �vapor�e) fait que ce s�choir n'a connu qu'un d�veloppement tr�s limit�.

Le crib permet de s�cher lentement du ma�s r�colt� � un taux d'humidit� important. Cette structure de s�chage est recommand�e dans les zones tropicales, m�me les plus humides. Le crib est �galement une structure de stockage.

II.2 Am�lioration des structures traditionnelles de stockage

Pour am�liorer le stockage au niveau villageois, deux types d'interventions peuvent �tre envisag�es: l'une consiste � modifier partiellement ou enti�rement les structures existantes et l'autre � introduire des techniques de stockage totalement nouvelles. Cette section traite du premier type d'interventions.

Les interventions visant � am�liorer les greniers existants sont toujours tr�s d�licates. Elles ne sont accept�es par les paysans que si elles donnent des r�sultats probants � peu de frais.

a) Greniers ferm�s

Les greniers ferm�s des zones s�ches sont en g�n�ral bien adapt�s au stockage des c�r�ales locales. Les structures pourraient cependant �tre renforc�es en ajoutant 10 pour cent de ciment � la terre. Il faut �galement veiller au lissage correcte des parois internes et externes des silos. L'effort doit surtout porter sur le bon entretien des greniers, notamment par un lutage de toutes les fissures de fond et de parois, par des r�fections de toiture et par des nettoyages rigoureux des greniers et de leurs abords.

Certains organismes de d�veloppement proposent des interventions beaucoup plus pouss�es tant au niveau des principes de construction que des mat�riaux utilis�s tout en se r�f�rant aux m�thodes traditionnelles de stockage. Trois types de greniers ferm�s promus par ces organismes sont d�crits ci-dessous.

(i) Silo en briques de terre stabilis�e

Cette structure am�lior�e est propos�e par l'ENDA (Dakar, S�n�gal)1. Il s'agit d'un petit silo cylindrique de 1 m3, construit en briques de terre ou banco, et destin� au stockage des c�r�ales en grains. Les diff�rentes phases de la construction de ce silo sont illustr�es dans la figure III.11 qui est une reproduction d'une des fiches techniques du GRET2.

1 ENDA: Organisation non gouvernementale �tablie � Dakar, S�n�gal.
2 GRET; Groupe de recherches et d'�changes technologiques (Paris, France).

Apr�s avoir r�alis� les briques de terre, destin�es � la confection des parois, on construit la plateforme sur laquelle doit reposer le silo. Cette plateforme est constitu�e de grosses pierres recouvertes d'une couche de ciment. Elle emp�che l'humidit� contenue dans le sol de remonter au niveau des parois du silo. Le fond du silo est r�alis� en forme d'entonnoir afin de faciliter la vidange. Les parois du silo sont mont�es par couches successives jusqu'� une hauteur d'environ 1,50 m. Le corps cylindrique du grenier est recouvert d'une dalle de toiture en b�ton arm� dans laquelle est m�nag� un orifice de remplissage. Une fois termin�e, la structure est recouverte d'un enduit de couleur claire afin d'�viter un r�chauffement trop �lev� de la masse de grains durant les p�riodes chaudes. De par sa conception (grenier ferm�) et sa r�alisation (briques de terre), ce silo est principalement destin� aux zones s�ches.

(ii) Silo artisanal vulgaris� par l'USAID3 au Nigeria

3 USAID: Agence pour le d�veloppement international des Etats-Unis.

Ce silo peut �tre consid�r� comme une variante du type pr�c�dent. Il s'agit d'un silo cylindrique ayant une capacit� d'environ 1 tonne de ma�s-grain. La base de la structure est constitu�e d'une dalle en b�ton arm� de 1,5 m de diam�tre reposant sur trois piliers de fondations en b�ton ou en pierres. Le corps cylindrique du silo est mont� en parpaings de terre (10 x 10 x 15 cm) et enduit au ciment sur les deux faces. L'enduit ext�rieur est arm� avec du grillage � poulailler. L'orifice de remplissage, situ� en partie sup�rieure, re�oit un couvercle (ou d�me de couverture) constitu� de terre recouverte d'un enduit de ciment et reposant sur des bambous ou sur un fond de f�t m�tallique. Un orifice de vidange, m�nag� dans la base du silo, est obtur� par une trappe de vidange m�tallique.


Figure III.11 Phases de la construction d'un silo de briques de terre stabilis�e

Phases

1. Moule � briques construit avec des planches de bois.

2. Malaxer le banco (terre argileuse + paille + fumier de vache m�lang� avec de l'eau).

3. Mouiller le bois avant de tasser le banco dans le moule. Retirer le moule d'un geste sec et laisser s�cher les briques au soleil.

4. Placer de grosses pierres sur la terre dam�e. Recouvrir les pierres de ciment (1 seau de ciment pour 5 seaux de sable).

5. D�versoir de grains en bois ou en m�tal.

6. Placer une premi�re rang�e de briques avec un mortier ciment (ciment + sable) ou banco. Sceller le d�versoir en place.

7. Construire le fond en forme d'entonnoir pour faire couler le grain vers le d�versoir.

8. Monter le mur sur 14 ou 15 rang�es de briques.

9. Fabriquer un coffrage en bois pour la dalle de la toiture et le couvercle: mettre du grillage de poulailler dans le coffrage pour renforcer la dalle.

10. Couler la dalle de la toiture et le couvercle: laisser s�cher au moins 6 jours en arrosant avec de l'eau 2-3 fois/jour (m�lange de b�ton: 1 seau de ciment + 2 seaux de sable + 3 seaux de gravier).

11. Enlever le bois du coffrage.

12. Placer la dalle de la toiture sur le mur en la scellant avec du mortier. Peindre l'ensemble avec de la chaux blanche, pour que le silo absorbe moins de chaleur.

13. COMMENT UTILISER LE SILO:

- garder les grains apr�s le battage seulement (on ne peut stocker les �pis);

- bien s�cher les �pis avant le battage;

- m�langer le grain sec soit avec de la cendre de bois (10 litres de cendres pour 100 kg de grain), soit avec de l'insecticide (suivre soigneusement les instructions);

- apr�s remplissage du silo, placer le couvercle en fermant le joint avec du banco. Bien enfoncer le bouchon du d�versoir et sceller avec du banco;

- pour prendre le grain, ouvrir le d�versoir;

- si on a utilis� l'insecticide, bien laver le grain avant de piler et de pr�parer;

- le silo a un volume d'un peu plus de 1 m3: on peut stocker 800-850 kg de mil ou 760-800 kg de sorgho.

Les mat�riaux n�cessaires � la construction de ce type de silos sont:

- 4 � 5 sacs de ciment
- 22 m de fer � b�ton,
- 9 m2 de grillage � maille de 26 mm
- pour la trappe de vidange:

1 plaque m�tallique de 15 cm x 30 cm,
et de 1,5 mm d'�paisseur

- pour le moule � parpaings de terre:

1 planche de 60 cm x 10 cm
et de 2.5 cm d'�paisseur,
1,5 kg de clous de 6 cm

Le silo USAID est illustr� � la figure III.12.

(iii) Silo "pusa"

Exp�riment� en Inde, il s'agit d'un silo en boue ou briques crues dont la forme parall�l�pip�dique reprend celle des structures traditionnelles de ce pays. Le mod�le suivant est pr�vu pour le stockage de 2 tonnes de produit en vrac (Fig. III.13).

La structure, de forme rectangulaire, a des dimensions int�rieures de 1,40 m par 1 m, et une hauteur de 1,60 m. Elle repose sur une dalle de briques ou directement sur un sol sain, compact�. La base et le toit sont constitu�s d'une plateforme en b�ton de terre de 10 cm d'�paisseur dans laquelle est ins�r�e une feuille plastique (poly�thyl�ne de 175 microns d'�paisseur). Les parois sont doubles, avec une feuille de poly�thyl�ne intercal�e. Cette feuille platique est en continuit� avec celles du plafond et du sol. Les parois sont �galement constitu�es de b�ton de terre. Un trou de remplissage et de visite de 60 cm par 60 cm est m�nag� dans le toit. A cet endroit, la feuille plastique n'est pas d�coup�e mais seulement fendue selon la diagonale de l'ouverture. Pour la vidange, un orifice est pr�vu � la partie inf�rieure de la cellule. Cette goulotte de vidange est � l'�preuve des rongeurs.


Figure III.12 Silo artisanal vulgaris� au Nig�ria


Figure III.13 Silo de type "pusa"

Pour r�aliser ce type de silos, on construit d'abord la base sur laquelle on monte ensuite les parois int�rieures. L'ensemble est alors recouvert d'une enveloppe en poly�thyl�ne mise en forme � l'avance et raccord�e � la feuille de base par soudure � chaud. La paroi ext�rieure est mont�e en dernier lieu.

La pr�sence de la feuille plastique prise "en sandwich" dans les parois du silo est n�cessaire si l'on veut assurer un stockage herm�tique. Etanche, elle permet un traitement contre les insectes par fumigation. 11 est cependant important que les grains ensil�s soient parfaitement secs, sinon ils risquent de se d�t�riorer par les moisissures ou �ventuellement par le d�veloppement de fermentations.

b) Greniers a�r�s

Deux types de greniers a�r�s sont d�crits ci-dessous: le grenier de type "ebliva" et les cribs.

(i) Grenier de type "ebliva"

La forme arrondie de ce grenier (figure III.14) et son mode de r�alisation - consistant � ranger intimement les �pis de ma�s les uns sur les autres - ne permet g�n�ralement pas une ventilation correct du ma�s stock�. Cela est particuli�rement vrai pour les greniers de grand diam�tre qui sont souvent le si�ge d'un important d�veloppement de moisissure.

Une chemin�e d'a�ration peut �tre adapt�s � ce type de grenier pour am�liorer la circulation de l'air entre les �pis. Cette chemin�e centrale, construite avec des mat�riaux disponibles localement (bois, grillage ou encore des f�ts m�talliques perc�s), r�duit de moiti� l'�paisseur de produit que l'air doit traverser et favorise la ventilation naturelle du stock. La plateforme inf�rieure du grenier doit reposer sur un nombre restreint de poteaux supports pour pouvoir adapter ais�ment des barri�res anti-rats.

Le sch�ma de construction de la chemin�e centrale est pr�sent� � la figure III.14.


Figure III.14 Grenier de type "ebliva" am�lior�

(ii) Les cribs

Les cribs sont des structures qui permettent un s�chage lent du produit par ventilation naturelle. Leur emploi est int�ressant dans les zones humides ou les produits, qui ont un taux d'humidit� �lev� � la r�colte, ne peuvent �tre stock�s en structures ferm�es. Ainsi, du ma�s � 30 ou 35 pour cent d'humidit� r�colt� en premi�re saison des pluies, peut �tre s�ch� jusqu'� 15 pour cent en moins de trois mois pendant la seconde saison des pluies. L'humidit� du ma�s de seconde saison peut aussi �tre abaiss�e de 25 � 15 pour cent en 10 jours. L'efficacit� du crib comme structure de s�chage d�pend de plusieurs facteurs: la largeur du crib (le facteur le plus important) et la forme sous laquelle sont stock�s les �pis. La pr�sence de spathes sur les �pis emp�che l'a�ration correcte des grains et perturbe le s�chage.

Dimensions des cribs

Le choix des dimensions d'un crib et sa r�alisation sont bri�vement d�crits ci-dessous.

Largeur: Dans les zones tr�s humides o� le ma�s est r�colt� � 30-35 pour cent d'humidit�, la largeur ne doit pas d�passer 60 cm. Dans les zones plus s�ches, o� le ma�s est r�colt� � 25 pour cent d'humidit�, la largeur peut atteindre 1 m. Dans les zones tr�s s�ches, elle peut atteindre 1,5 m.

Hauteur: Le choix de la hauteur est un compromis entre la recherche d'une capacit� de stockage la plus grande possible et les risques d'instabilit� de la structure, notamment dans les r�gions � forts vents dominants. La facilit� de remplissage est �galement un facteur � prendre en compte. Les hauteurs de stockage les plus courantes avoisinent 1,5 m � 2 m. Il faut ajouter � la hauteur du stockage la distance entre le sol et la plateforme du crib, soit 80 cm � 1 m. Un espace de quelques dizaines de centim�tres est pr�vu entre la limite sup�rieure de stockage des �pis et le toit du crib. La hauteur totale d'un crib peut atteindre 2,5 m � 3,5 m.

Capacit�: Pour une zone climatique donn�e, la largeur et la hauteur du crib sont des donn�es peu modifiables. Le volume de la structure est donc surtout fonction de la longueur de celle-ci. Dans 1 m3 de crib, on peut stocker 500 kg d'�pis de ma�s � 30 pour cent d'humidit�, ce qui correspond � environ 300 kg de grains � 14 pour cent d'humidit�. Un crib dont la hauteur de produit stock� est de 1,7 m et la largeur de 60 cm a une capacit� de 1 m3 par m�tre linaire. Pour une longueur de 5 m, le crib peut contenir 2,5 tonnes d'�pis humides soit 1,5 tonne de grains secs.

Le tableau III.1 donne des exemples de capacit� de stockage par m�tre de longueur de crib et pour diff�rentes largeurs. La hauteur de stockage des �pis est �gale � 1,70 m.

Tableau III.1.

Capacit� de stockage par m�tre lin�aire de crib pour une hauteur de stockage de 1,7 m.

Largeur du crib (en centim�tres)

Capacit� en �pis humides a 30 pour cent

Capacit� correspondante en grains secs (14 pour cent)


(kilogrammes)

(kilogrammes)

60

500

300

80

680

400

100

850

500

120

1000

600

R�alisation du crib

Pour construire le crib, il est pr�f�rable d'utiliser au maximum les mat�riaux disponibles localement. L'ossature de la structure peut �tre en bambous ou rondins de bois. Les poteaux, espac�s de 1 m, sont enfonc�s dans le sol sur plus de 50 cm. Cette partie souterraine des montants doit pr�alablement �tre recouverte d'un enduit tel que le goudron ou une vieille huile de vidange pour la prot�ger des termites et de l'humidit�. Les parois, g�n�ralement en grillage dans les cribs modernes, peuvent parfaitement �tre r�alis�es en raphia, bambou fendu ou baguettes de bois. Il suffit que la paroi n'offre pas au passage de l'air une r�sistance sup�rieure � celle des �pis eux-m�mes.

Le plancher du crib est constitu� d'�l�ments amovibles (rondins, bambous) pour permettre la vidange.

Il n'est pas indispensable d'utiliser des plaques de t�le ou d'amiante-ciment pour couvrir le crib. La couverture peut �tre r�alis�e en mat�riaux traditionnels (chaume, feuilles de bananiers). Dans ce cas, l'entretien et la r�fection totale du toit sont plus fr�quents. Les diff�rents �l�ments du crib sont assembl�s par des clous ou par des lianes. Les "pieds" du crib doivent �tre �quip�s de c�nes m�talliques pour prot�ger le produit stock� de l'attaque des rongeurs.

Les figures III.15(a) � III.15(g) illustrent les diff�rentes phases de construction d'un crib.

III. UTILISATION DE STRUCTURES NOUVELLES

On qualifie de structures nouvelles les solutions de stockage mises au point par diff�rents centres de recherche et n�cessitant en g�n�ral pour leur Construction des mat�riaux non traditionnels (ciment, m�tal, plastique).

III.1 Les silos en b�ton

Deux types de silos en b�ton, parmi les nombreux types de structures en b�ton d�velopp�s ces derni�res ann�es, sont d�crits dans ce dossier technique.

a) Silos en agglom�r�s de ciment de type Carreras1

1 D'apr�s F. Carreras: Une construction rurale appropri�e pour les exploitations paysannes des r�gions tropicales (Montpellier, Institut de recherches agronomiques tropicales, 1982).

L'originalit� de la technique mise au point au S�n�gal par F. Carreras r�side dans la r�alisation de parpaings courbes dont la courbure est plus ou moins forte suivant le diam�tre de silo souhait�. Ces blocs sont pourvus d'�videments pour la mise en place d'un ferraillage. Ces agglom�r�s de b�ton autocoffrants permettent de r�aliser des silos cylindriques renforc�s d'armatures verticales et horizontales sans n�cessiter de coffrage. Cette technique de construction reste � la port�e d'une main-d'oeuvre non sp�cialis�e.


Figure III.15 (a) Phase I de la construction d'un crib

A. 5 Montants Ant�rieurs de 3,6 m de long

B. 5 Montants Post�rieurs de 3.0 m de long

C. 10 Montants de 1,5 m de long supportant la plate-forme

D. 5 Traverses de 85 cm de long

E. 5 Traverses de 1,4 m de long

F. 2 Traverses de 4,5 m de long supportant le plancher

G. 6 Traverses de 4.5 m de long supportant les parois

H. 6 Traverses de 85 cm de long supportant les parois

I. Environ 50 barreaux de 1 m de long, en bambou ou en un autre mat�riel, pour former le plancher.

J. Raphia ou autres mat�riaux appropri� pour les parois

K. Trois traverses de 4.5 m de long supportant le toit

L. Toiture en t�le ou un autre mat�riel appropri�, chaume par exemple

M. Protection contra les rats - t�le d� coup�e en forme d'entonnoir

(Source: FAO)


Figure III.15 (b) Phase II de la construction d'un crib

Assembler 5 ch�ssis en clouant ensemble les pi�ces A, B, C, D et E.


Figure III.15 (c) Phase III de la construction d'un crib

Enduire le bas des montants avec un agent de pr�servation tel que cuprinol, cr�osote ou huile de moteur usag�e, pour �viter la pourriture et les d�g�ts caus�s par les termites.


Figure III.15 (d) Phase IV de la construction d'un crib

Creuser deux trous de 50 cm de profondeur, espac�s de 70 cm (voir y ci-dessus), puis r�p�ter l'op�ration � 1m de distance (voir y ci-dessus). Enfoncer les montants dans les trous et clouer les traverses F. supportant le plancher. Placer sur F les barreaux formant le plancher.


Figure III.15 (e) Phase V de la construction d'un crib

Clouer sur les ch�ssis les traverses G et H qui supporteront les parois, ainsi que les traverses k qui supporteront le toit.


Figure III.15 (f) Phase VI de la construction d'un crib

Fixer la toiture L et la parois J.


Figure III.15 (g) Phase VII de la construction d'un crib

Fixer les dispositifs anti-rats M, et le grenier de 4 m de long est pr�t.

Les diff�rentes phases de l'�dificaton du silo sont illustr�es aux figures III.16(a) � III.16(d). Les num�ros des diff�rents �l�ments sont r�pertori�s � la figure III.16(e).

Des silos de diff�rentes capacit�s peuvent �tre construits selon cette technique. A titre d'exemple, un silo de 3 tonnes de capacit� � les caract�ristiques suivantes:

Diam�tre int�rieur

: 1,50 m (12 agglom�r�s par rang)

Epaisseur des parois

: 12 cm

Hauteur int�rieure

: 2 m (soit 10 rangs d'agglom�r�s)

Les besoins en mat�riaux n�cessaires � sa r�alisation sont:

- 13 sacs de ciment de 50 kg;
- 1,10 m3 de sable; 3
- 1,4 m3 de laterite cribl�e;
- environ 150 m de fer rond d'un diam�tre de 6;
- 1,5 kg de fil de fer pour les ligatures;
- 1 trappe d'ensilage;
- 1 goulotte de vidange;
- 8 kg de chaux pour le badigeon ext�rieur.

Le co�t actuel (1985) de construction d'un tel silo est d'environ 20 000 francs CFA par tonne log�e (400 FF par tonne).

b) Silos en ferrociment

Le ferrociment est une forme particuli�re de b�ton arm� ou les armatures en fer sont constitu�es de grillage serr� auquel on donne la forme de la structure souhait�e. L'ossature ainsi form�e est "remplie" par un mortier de ciment.


Figure III.16 (a) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - Production d'agglom�r�s courbes


Figure III.16 (b) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - R�alisation de la base du silo


Figure III.16 (c) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - Mise en place des parois


Figure III.16 (d) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras R�alisation du toit du silo


Figure III.16 (e) Silo en agglom�r�s de ciment de type Carreras - Inventaire des diff�rents �l�ments en fer n�cessaires � la construction du silo

Le ferrociment constitue un mat�riau r�sistant, facile � utiliser localement, � r�parer et � fa�onner. Cette technique est tr�s utilis�e en Asie du Sud-Est pour construire les barques et petits bateaux. Elle est �galement utilis�e pour r�aliser divers r�cipients et notamment des structures de stockage des grains.

Cette technique a �t� test�e � plusieurs reprises en Afrique, et notamment en Zambie par K. N. Ostergaard. De petits silos villageois, appel�s ferrumbu, ont �t� construits dans ce pays. La figure III.17 illustre les principales �tapes de constructions

La base du silo est constitu�e d'un amas de pierres empil�es jusqu'� une hauteur d'environ 80 cm du sol. Le haut du tas est recouvert d'une fine couche de b�ton sur laquelle est soud� un tube de vidange r�alis� pr�alablement. Un ch�ssis en bois, pr�figurant la forme d�finitive du silo est construit et mis en place sur la plateforme. Une sorte de panier en grillage est form� ensuite autour de ce ch�ssis. Lorsque deux �l�ments de grillage doivent se chevaucher, le recouvrement est d'au moins 10 cm.

Le nombre de couches de grillage n�cessaire est fonction de la taille du silo. On pr�voit une couche de grillage pour un silo d'une tonne de capacit�, et deux couches pour un silo de quatre tonnes. Le haut du silo se termine en tronc de c�ne sur lequel une ouverture circulaire de remplissage d'environ 50 cm de diam�tre est m�nag�e.

Apr�s la r�alisation de l'ossature g�n�rale en grillage, l'ext�rieur du silo est fa�onn� avec un mortier de ciment (une unit� de ciment pour 4 unit�s de sable) que l'on laisse prendre pendant plus de trois jours. Durant la prise, on recouvre le silo de vieux sacs de jute humidifi�s en permanence pour �viter les fentes de retrait. Lorsque la couche externe est s�che, les armatures de soutien sont retir�es, puis l'int�rieur de la paroi est humidifi� et recouvert d'une couche de mortier de ciment. Un couvercle amovible de forme conique (angle 45° et diam�tre de base de 70 cm), construit suivant la m�me technique, est pr�vu pour recouvrir l'orifice de remplissage.

Le silo est ensuite recouvert d'un enduit �tanche constitu� de ciment et d'eau. Il est recommand� de recouvrir cet enduit d'une peinture de couleur claire pour que la structure absorbe moins de chaleur.


Figure III.17 Phases de construction d'un silo en ferrociment (le ferrumbu)

Le tableau III.2 donne un exemple des dimensions � retenir en fonction des capacit�s de stockage souhait�es.

Tableau III.2

Caract�ristiques des silos de ferrociment en fonction de leur capacit�


Capacit� de stockage


1 tonne

4 tonnes

Dimensions: diam�tre (en m)

1,1

1,8


hauteur (en m)

1,5

2,1

Epaisseur des murs (en cm)

3,5

5

Nombre de couches de grillage

1

2

Surface de grillage de 12-15 mm (en m2)

20

50

Ciment (en kg)

200

400

Sable (en m3)

0,75

1,5

Le co�t de construction d'un silo en ferrociment est d'environ 15 000 francs CFA � la tonne log�e (300 francs fran�ais par tonne).

III.2 Les silos m�talliques

Les f�ts m�talliques de 200 litres (figure III.18) utilis�s dans le commerce pour le stockage des hydrocarbures peuvent �tre utilis�s comme structures de stockage. Ils constituent une structure �tanche permettant d'obtenir une atmosph�re confin�e et un moyen efficace de lutte contre les insectes. Cependant, il est indispensable d'ensiler des grains bien secs car des risques de condensation peuvent conduire � une d�t�rioration du produit. Etant donn� l'importante siccit� des grains, l'obtention d'une atmosph�re confin�e par la seule respiration du complexe grain-micro-organismes est un processus lent. Il est donc conseill� de traiter pr�alablement les grains par un insecticide de contact.

Les silos m�talliques ont une capacit� relativement faible (150 kg de grains). Ils peuvent n�anmoins �tre utilis�s pour stocker les l�gumineuses (haricot, ni�b�) dont la conservation par les m�thodes de stockage traditionnelles est difficile et qui sont g�n�ralement stock�es en petites quantit�s. Pour �viter de trop fortes temp�ratures, les f�ts doivent �tre entrepos�s sous abri ou � l'int�rieur des habitations. Ces silos peuvent avoir une dur�e de vie d'une dizaine d'ann�es s'ils ne servent qu'au stockage des grains et ne sont pas utilis�s pour le transport et le stockage de l'eau. Cependant, ils deviennent de plus en plus rares car le commerce des hydrocarbures �volue vers des livraisons en vrac.


Figure III.18 F�t m�tallique servant pour le stockage des grains en vrac


Figure III.19 Silo m�tallique d'une capacit� de 3 tonnes

Des cellules m�talliques de plus grande capacit� (1 � 3 tonnes) sont parfois propos�es dans des projets de d�veloppement (figure III.19). Dans certaines r�gions (Am�rique centrale, par exemple), elles sont largement utilis�es au niveau villageois depuis de nombreuses ann�es. Ces structures peuvent ais�ment �tre fabriqu�es par des artisans locaux, et permettent de lutter contre les insectes et les rongeurs. Il est important de rappeler que le grain doit �tre stock� propre et sec.

III.3 Structures en plastique

L'utilisation de sacs en plastique �tanches permettant une fumigation au t�trachlorure de carbone (CCl4) fut pr�conis�e dans le pass� afin d'am�liorer le stockage villageois. Les r�sultats obtenus en Afrique n'ont pas �t� tr�s probants, surtout � cause de la fragilit� des sacs, des difficult�s d'approvisionnement et de l'attaque par les rongeurs (figure III.20). Dans d'autres r�gions (Br�sil, Australie), le stockage des grains � long terme se fait dans des poches plastiques ou sont stock�s plusieurs centaines de kilos de grains. Une fois remplies, ces poches sont recouvertes de terre. Leur �tanch�it� permet la cr�ation progressive d'une atmosph�re confin�e favorable � un bon stockage (Figure III.21).

IV. LA DESINSECTISATION

Les insectes, en particulier dans les r�gions chaudes, sont une des principales causes de d�gradation des denr�es stock�es. L'am�lioration du stockage villageois passe donc en priorit� par la lutte contre ces agents d�pr�dateurs, responsables d'importantes pertes.

IV.1 M�thodes de lutte traditionnelles

Plusieurs m�thodes traditionnelles de lutte contre les insectes sont utilis�es dans les pays en d�veloppement. Certaines de ces m�thodes sont bri�vement d�crites dans cette section.


Figure III.20 Stockage des grains en sacs de plastique �tanche


Figure III.21 Stockage en poches de plastique �tanche semi-enterr�es

Exposition au soleil

L'exposition au rayonnement solaire direct du produit, �tal� en couches minces, fait fuir les insectes adultes qui n'appr�cient ni les fortes chaleurs, ni la lumi�re vive. Les petites b�ches noires pr�conis�es pr�c�demment pour le s�chage permettent d'am�liorer ce proc�d�.

Enfumage

Dans certaines r�gions, il est courant de stocker une partie de la r�colte de ma�s au dessus de l'endroit qui fait office de cuisine. Le produit est ainsi travers� par la fum�e du foyer qui tout en favorisant le s�chage des grains, �loigne les insectes adultes. L'efficacit� de ce proc�d� semble cependant r�duite dans le cas ou les �pis de ma�s sont pourvus de spathes bien enveloppantes. Il est donc pr�f�rable d'enfumer des �pis nus.

Addition de mati�res inertes solides

L'addition de mati�res inertes aux grains pour en am�liorer la conservation est une technique connue depuis fort longtemps. Les pratiques varient d'un pays � l'autre, mais les mat�riaux utilis�s sont en g�n�ral le sable et la cendre. Au si�cle dernier, les agronomes fran�ais conseillaient �galement la suie et le charbon pulv�ris�.

M�lang�es aux grains, ces mati�res inertes emp�chent la progression des insectes adultes en comblant les vides intersticiels pr�sents entre les grains. Selon leur composition, elles peuvent �galement avoir une action abrasive et dessicative sur les insectes qui meurent par d�shydratation. Des essais de conservation du ni�b� (l�gumineuse) r�alis�s au Togo ont prouv� l'efficacit� de ces techniques de d�sinsectisation. Les quantit�s de mati�re sont cependant assez importantes: 1,6 kg de sable ou 400 g de cendre par kilo de grains.

Addition d'huile

L'enrobage des grains de ma�s par une fine pellicule d'huile (arachide, palme, ricin) � raison de 5 litres d'huile par tonne de grains est une technique qui semble donner de bons r�sultats bien qu'elle ne soit applicable que sur de faibles quantit�s de produit stock�. L'utilisation de ce proc�d� sur les l�gumineuses (haricot, ni�b�) peut �tre int�ressante dans la lutte contre les bruches.

Utilisation de plantes r�pulsives

Dans certaines r�gions, il est courant d'utiliser des plantes ou des extraits de plantes (neem par exemple) pour prot�ger les denr�es stock�es contre les attaques d'insectes. Ces plantes ont plut�t une action insectifuge qu'insecticide. Des recherches sont actuellement poursuivies pour conna�tre pr�cis�ment leur principe d'action et les meilleurs modes d'utilisation.

Toutes ces techniques traditionnelles de lutte contre les insectes apparaissent aujourd'hui d�pass�es. Dans certains cas, il peut �tre int�ressant de les analyser afin de mieux cerner leur efficacit�. Leur utilisation est cependant limit�e � des quantit�s tr�s faibles de grains. Ainsi, les agriculteurs font de plus en plus appel � la lutte chimique.

IV.2 Utilisation d'insecticides chimiques

La vulgarisation de l'emploi des insecticides chimiques est � l'heure actuelle le moyen le plus efficace de lutte contre les insectes, surtout dans les r�gions s�ches ou ces derniers repr�sentent le facteur principal de pertes de grains.

Les insecticides

Il n'entre pas dans le cadre de ce dossier de dresser une liste exhaustive des insecticides chimiques utilisables sur les denr�es stock�es. Quelques notions importantes seront simplement rappel�es.

Il existe deux types de traitement par insecticide chimique:

- le traitement pr�ventif, qui a pour but de pr�venir l’infestation ou la r�infestation des stocks. Dans ce cas, la technique consiste � recouvrir le grain ou la surface d'un lot de grain d'un insecticide de contact qui agit plus ou moins rapidement sur les formes libres d'insectes;

- le traitement curatif, utilis� pour d�truire rapidement les insectes contenus dans les grains, quel que soit leur stade de d�veloppement (oeuf, larve, nymphe, adulte) n�cessite l'utilisation de gaz insecticides (fumigants), qui n'ont qu'une action limit�e.

En g�n�ral, l'utilisation d'insecticides de contact est le seul type de traitement chimique envisageable au niveau villageois. Parce qu'elle n�cessite des pr�cautions d'emploi, la fumigation ne peut �tre mise en oeuvre que par des �quipes sp�cialis�es des services de protection des v�g�taux.

Les insecticides de contact de la famille des organochlor�s (DDT, lindane), sont aujourd'hui interdits dans les pays industrialis�s. Dans les zones tropicales, le lindane est de moins en moins utilis� car les insectes ont d�velopp� des r�sistances � son action.

Les insecticides de contact les plus utilis�s � l'heure actuelle sont les organophosphor�s (malathion, bromophos, dichlorvos, pirimiphos-m�thyl, chlorpyrifos-m�thil). Des cas de r�sistance au malathion et au bromophos ont parfois �t� signal�s. C'est pourquoi l'utilisation d'insecticides relativement nouveaux et plus performants, tel que le pirimiphos-m�thyl et le chlorpyriphos-m�thyl est de plus en plus fr�quente. La persistance d'action du pirimiphos-m�thyl (connu dans le commerce sous le nom de Actellic) est estim�e � plus de six mois. La g�n�ralisation de son utilisation risque toutefois de faire appara�tre des groupes d'insectes r�sistants.

Traitements

Les insecticides de contact sont commercialis�s sous diff�rentes formes: poudre � poudrer, poudre diluable, concentr� liquide pour pulv�risation, liquide pour n�bulisation et solide fumig�ne.

Au niveau villageois, le poudrage reste le type de traitement des stocks le plus r�pandu. Il est souvent r�alis� � la main par saupoudrage du stock en place, par m�lange manuel dans de petits r�cipients, ou par pelletage du tas de grains.

Diff�rents appareils (repr�sent�s aux figures III.22 � III.24) sont utilis�s pour le poudrage. L'utilisation d'un f�t m�tallique mont� sur un axe excentr� permet de bien m�langer la poudre � une petite quantit� de grain (figure III.24). Cette technique peut �tre efficacement utilis�e pour le traitement des semences, qui sont en g�n�ral conserv�es en petites quantit�s.

Pour les grains ou les �pis conserv�s dans les silos villageois, la m�thode de poudrage utilis�e est souvent celle du "traitement en sandwich". Elle consiste � traiter les parois et le fond de la structure, puis � placer une premi�re couche de grains ou d'�pis sur laquelle est r�pandu l'insecticide. Les couches successives de produit sont trait�es de la m�me mani�re jusqu'au remplissage complet du grenier. La repr�sentation sch�matique de ce type de traitement est illustr�e � la figure III.25.


Figure III.22 Bocal � couvercle perc� utilis� comme poudreuse


Figure III.23 Poudreuse � membrane manuelle artisanale


Figure III.24 Poudreuse type "baratte"

Le traitement par poudrage est tr�s irr�gulier; certaines zones peuvent �tre surdos�es et d'autres sous-dos�es. Une telle m�thode n'assure donc pas une protection totale contre l'attaque des insectes.

Pour traiter les parois verticales des magasins de stockage et des greniers, il est pr�f�rable de pulv�riser l'insecticide. Divers appareils de traitement, tel que le pulv�risateur m�canique � pression entretenue, sont utilis�s (figure III.26). On pulv�rise �galement les piles de sacs dans les entrep�ts.

Exemple de traitement

Le traitement d'un crib de 60 cm de large sur 1,70 m de haut et 4 m de long (volume de 4 m3, soit 2 tonnes de grains en �pis) avec un insecticide tel que le pirimiphos-m�thyl � 2 pour cent n�cessite 1 kg de poudre. Ce poids de poudre � 2 pour cent est calcul� comme suit:

- une dose de 10 parties par million (ppm) repr�sente 10 g de mati�re active par tonne de grains;

- Une poudre � 2 pour cent contient 2 g de mati�re active par 100 g de poudre. Il faut donc 500 g de produit commercial pour obtenir la dose de 10 ppm. Le traitement d'un crib de 4 m n�cessite donc 1 kg de poudre � 2 pour cent (500 g/tonne multipli� par 2 tonnes) soit, par exemple, 4 sachets de 250 g chacun.

Un traitement "en sandwich" tous les 20 cm n�cessite 10 couches d'insecticide (y compris la couche de fond), soit 100 g de poudre par couche. Le traitement est achev� par une pulv�risation d'insecticide liquide sur les parois du crib.

Pour �tre efficace, un tel traitement doit se faire sur des �pis despath�s car les spathes ne permettent pas � l'insecticide d'�tre en contact avec les grains et d'assurer pleinement son r�le protecteur. L'enl�vement des spathes peut sembler paradoxal car on consid�re que celles-ci prot�gent naturellement les �pis contre les insectes. En fait, si cette protection naturelle est plus ou moins efficace pour les vari�t�s traditionnelles de ma�s aux spathes tr�s enveloppantes, elle l'est beaucoup moins pour les vari�t�s am�lior�es dont les spathes recouvrent mal les �pis.


Figure III.25 Sch�ma de traitement du grain dit "en sandwich"


Figure III.26 Pulv�risateur � dos � pression entretenue par pompe � piston

1. Pompe � piston (en coupe)
2. Cloche � air
3. R�glage de la course du piston
4. Levier de pompage
5. Sangles
6. Lance
7. R�servoir de bouillie
8. Orifice de remplissage avec couvercle

(Source: CEMAGREF)

Une lutte chimique bien men�e donne souvent de bons r�sultats et permet d'am�liorer de mani�re sensible le stockage des produits au niveau villageois. Cependant, le premier type d'action dans la lutte contre les d�pr�dateurs de stocks (insectes, rongeurs) consiste simplement � observer de bonnes mesures d'hygi�ne pr�ventive, y compris un nettoyage soigneux des greniers et de leurs abords, l'�limination des d�chets, la r�fection des constructions d�fectueuses et le nettoyage des produits � stocker.

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