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CHAPITRE I. ELEMENTS POUR UNE STRATEGIE DU STOCKAGE
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II. SYSTEMES DE STOCKAGE
VIEW THE DOCUMENTII.1 Groupes sociaux concern�s
VIEW THE DOCUMENTII.2 Le stockage commercial
VIEW THE DOCUMENTII.3 Le stockage villageois
VIEW THE DOCUMENTII.4 Le stockage communautaire
VIEW THE DOCUMENTIII. LES PERTES APRES RECOLTE
IV. ELEMENTS POUR UNE STRATEGIE NATIONALE DU STOCKAGE DES GRAINS
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VIEW THE DOCUMENTIV.1 Co�t du transport du grain
VIEW THE DOCUMENTIV.2 Co�t unitaire du stockage
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VIEW THE DOCUMENTIV.4 Objectifs de d�veloppement
V. MISE EN OEUVRE DE LA STRATEGIE NATIONALE DE STOCKAGE
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Le Stockage du Grain (ILO - WEP, 1986, 140 p.)

CHAPITRE I. ELEMENTS POUR UNE STRATEGIE DU STOCKAGE

I. ROLE DU STOCKAGE

Pour de nombreux pays en d�veloppement o� la base de l'alimentation est principalement constitu�e de produits c�r�aliers, le stockage des grains joue un r�le socio-�conomique important. Il permet tout d'abord de diff�rer dans le temps l'utilisation de produits vivriers r�colt�s en grande quantit� � une p�riode donn�e, et de fournir ainsi aux populations des ressources alimentaires tout au long de l'ann�e. En assurant d'autre part la constitution de r�serves sur plusieurs ann�es, utilisables en cas de disette, il participe directement � la s�curit� alimentaire des zones g�ographiques o� les al�as du climat ne permettent pas toujours la reconstitution annuelle des stocks alimentaires.

En second lieu, le stockage joue un r�le r�gulateur au niveau de la commercialisation des grains. Il permet en effet de r�gulariser le flot de grains �coul� sur le march� et d'assurer ainsi un meilleur �quilibre entre l'offre et la demande afin d'�viter des fluctuations excessives des prix. Ce r�le �conomique important est tenu par les offices c�r�aliers qui disposent d'importantes capacit�s de stockage ainsi que par les syst�mes de stockage communautaire.

Le stockage permet enfin de conserver les semences n�cessaires aux r�coltes futures ainsi que l'approvisionnement r�gulier des industries de transformation telles que les rizeries, les maiseries et les semouleries.

Etant donn�e l'importance du stockage des grains, il est essentiel que celui-ci puisse �tre organis� de mani�re � assurer pleinement les diff�rents r�les �num�r�s ci-dessus.

Pour cela, il est n�cessaire de formuler une strat�gie nationale du stockage des grains qui tienne compte des �l�ments suivants:

- importance � attribuer � diff�rents syst�mes de stockage (stockage villageois, communautaire, commercial);

- moyens � mettre en oeuvre pour am�liorer les diff�rents syst�mes de stockage utilis�s dans le pays;

- introduction de nouveaux syst�mes de stockage, si n�cessaire;

- n�cessit� d'introduire de nouvelles mesures sociales, fiscales et mon�taires afin d'assurer un stockage appropri� de la production nationale de grains;

- n�cessit� d'effectuer des recherches pour d�terminer, entre autres, le niveau des pertes ou pour d�velopper et tester de nouveaux syst�mes de stockage.

Tous ces aspects sont analys�s dans les sections suivantes et les �l�ments d'une strat�gie nationale du stockage des grains sont sugg�r�s � l'intention de ceux qui sont charg�s d'�laborer et d'appliquer une telle strat�gie.

II. SYSTEMES DE STOCKAGE

II.1 Groupes sociaux concern�s

Diff�rents groupes sociaux pratiquent le stockage de produits vivriers dans des buts bien sp�cifiques. On peut distinguer:

- les producteurs qui stockent les grains afin de satisfaire les besoins alimentaires de leur famille, conserver des semences et revendre les �ventuels surplus � une p�riode o� les prix sont r�mun�rateurs;

- les n�gociants qui ach�tent les produits � bas prix en p�riode de r�colte et les stockent pour les revendre avec profit � des p�riodes ult�rieures;

- les responsables d'industries alimentaires qui doivent disposer en permanence d'une mati�re premi�re suffisante et de qualit� homog�ne;

- les responsables d'offices c�r�aliers qui, au niveau national, sont charg�s de r�gulariser le flux de grains afin d'assurer l'approvisionnement r�gulier des populations.

Le syst�me de stockage adopt� d�pend donc, en grande partie, des besoins et caract�ristiques des groupes sociaux concern�s. On peut toutefois distinguer trois syst�mes principaux de stockage des grains:

- le stockage villageois concerne une ou plusieurs familles, ne d�passe pas g�n�ralement quelques tonnes (la moyenne est souvent inf�rieure � une tonne) et est compl�tement g�r� par le producteur lui-m�me;

- le stockage communautaire concerne un ou plusieurs villages, ne d�passe pas g�n�ralement quelques centaines de tonnes et est g�r� par des salari�s, y compris des ouvriers qualifi�s;

- le stockage commercial concerne plusieurs r�gions ou tout un pays, d�passe en g�n�ral plusieurs milliers de tonnes et est g�r� par de grandes entreprises priv�es ou para-�tatiques.

Compte-tenu des objectifs de la s�rie des dossiers techniques, seuls les deux premiers syst�mes de stockage (villageois et communautaire) sont d�crits en d�tail dans les chapitres suivants. Les lecteurs d�sireux d'obtenir plus d'informations sur les syst�mes de stockage commercial pourront s'adresser � des fabricants d'�quipements ou des firmes d'ing�nierie. Cependant, les aspects socio-�conomiques des trois syst�mes de stockage �num�r�s ci-dessus seront �tudi�s dans ce chapitre afin de mieux cerner l'ensemble des �l�ments � prendre en compte lors de l'�laboration d'une strat�gie nationale de stockage des grains.

II.2 Le stockage commercial

Le stockage commercial concerne de grandes quantit�s de grains (plusieurs milliers ou dizaines de milliers de tonnes) produits localement ou import�s (aide alimentaire, achats � l'ext�rieur). Les centres de stockage se trouvent g�n�ralement pr�s des centres urbains d'o� s'organisent la distribution des stocks sur l'ensemble du pays et, �ventuellement, l'exportation � partir de ports ou gares ferroviaires.

Le stockage commercial des grains est du ressort des entreprises priv�es ou para-�tatiques et des grands moulins qui stockent les grains dans le but d'�viter l'arr�t de la production, faute de mati�res premi�res.

Les entreprises para-�tatiques maintiennent des stocks pour quatre raisons principales:

- assurer l'approvisionnement des grands centres urbains et des r�gions qui ne produisent pas assez de grains pour leurs propres besoins;

- temp�rer les grandes fluctuations de prix par une meilleure ad�quation de l'offre et de la demande;

- assurer une s�curit� alimentaire � long terme en stockant les surplus des bonnes ann�es agricoles;

- assurer le stockage d'importations massives de grains (par exemple aide alimentaire) ou celui de grains destin�s � l'exportation.

Quelles que soient les conditions de production et de commercialisation des grains dans un pays, il est difficile d'�viter le stockage commercial. Ce dernier diff�re d'un pays � l'autre en termes de quantit�s stock�es ou de techniques de stockage. Par exemple, les pays qui importent une grande partie de leurs besoins en grains utilisent davantage le stockage commercial que les pays � population fortement ruralis�e, produisant assez de grains pour leur propre consommation et en exportant peu ou pas.

De m�me, il existe deux techniques principales de stockage commercial: le stockage en sacs et le stockage en vrac. Les pays op�rent aussi des choix diff�rents entre ces deux techniques d'apr�s des consid�rations d'ordre technique, �conomique ou historique. Le tableau I.1 compare ces deux syst�mes de stockage de diff�rents points de vue. Cette comparaison est fournie uniquement � titre indicatif; ainsi, tout choix de syst�me de stockage commercial devra �tre fait sur la base de donn�es techniques et �conomiques pr�cises par des sp�cialistes du stockage. Cependant, les indications port�es au tableau I.1 sont souvent v�rifi�es dans la pratique. En particulier, les investissements par tonne log�e sont plus �lev�s pour un syst�me de stockage en vrac que pour un syst�me de stockage en sacs. Par contre, le co�t unitaire de fonctionnement (co�t de main-d'oeuvre en particulier) favorise, en g�n�ral, le choix d'un syst�me de stockage en vrac. Un autre facteur, d'un int�r�t particulier pour les pays en d�veloppement, concerne les qualifications requises pour le fonctionnement et la maintenance des centres de stockage. Ce facteur favorise davantage les syst�mes de stockage en sacs, qui n�cessitent un personnel beaucoup moins qualifi� que les syst�mes de stockage en vrac.

Les avantages et inconv�nients du syst�me de stockage commercial par rapport � d'autres syst�mes (villageois et communautaire) sont analys�s � la section IV de ce chapitre.

Tableau I.1

Comparaison entre les syst�mes de stockage en vrac et de stockage en sac

Caract�ristiques

Stockage en vrac

Stockage en sac

Utilisation du volume offert

Maximum

Souvent r�duite

Polyvalence

Faible

Possible

Rotation des stocks

Ais�e

Difficile

Surveillance des stocks et facilit� de traitement

Bonnes

Difficiles

Protection contre les rongeurs

Pratiquement totale

Souvent difficile

Co�t d'investissement

Elev�

Moyen

Recours � des entreprises sp�cialis�es

Tr�s fr�quent

Rare

Niveau de m�canisation

Important

Assez faible

Co�t de fonctionnement

Moyen

Elev�

Besoins en main-d'oeuvre

Faibles

Elev�s

Qualifications requises

Importantes

Faibles

Sophistication de la technique

Oui

Non

II.3 Le stockage villageois

Bien que le stockage villageois, implant� au niveau des zones de production, n'int�resse que de faibles quantit�s de produits (quelques centaines de kilogrammes � quelques tonnes), il joue un r�le capital en mati�re de s�curit� alimentaire. Dans les pays en d�veloppement, plus de 80 pour cent de la r�colte est en effet stock�e dans des greniers villageois.

Les m�thodes de stockage villageois varient d'un pays � l'autre voire dans certains cas d'une r�gion � l'autre d'un m�me pays selon:

- les conditions climatiques (zone s�che, zone humide);

- la nature du produit (c�r�ales, l�gumineuses, �pis, gousses, grains);

- l'utilisation ult�rieure des grains (consommation, vente, semences),

- le mode de stockage des produits (grains en vrac, en sacs);

- les m�thodes de lutte contre les d�pr�dateurs;

- les mat�riaux de construction disponibles localement et le savoir-faire des artisans et entreprises locaux.

Dans le Chapitre III du pr�sent dossier technique, diff�rentes m�thodes de stockage villageois sont expos�es. Il est admis qu'en g�n�ral, les syst�mes utilis�s par les paysans sont souvent satisfaisants car ils sont le fruit d'une pratique traditionnelle de stockage qui s'est am�lior�e au cours des g�n�rations. Cependant, l'introduction de nouvelles m�thodes agriculturales ou de nouvelles vari�t�s de semences ont quelquefois donn� lieu � des situations difficilement ma�trisables par le savoir-faire traditionnel. Par exemple, certaines vari�t�s nouvelles de grains sont plus productives et moins r�sistantes � diverses attaques que les vari�t�s locales. Ainsi, il est n�cessaire d'am�liorer le syst�me de stockage traditionnel afin de minimiser les effets de ces attaques. De m�me, une augmentation importante de la production n�cessite souvent de nouvelles structures de stockage car il n'est pas toujours possible d'augmenter simplement le nombre ou le volume des structures traditionnelles. Le Chapitre III de ce dossier �value ces structures et propose un certain nombre d'am�liorations. De nouvelles structures de stockage villageois sont aussi d�crites. Cependant, comme on le verra plus loin, il est important de bien analyser le co�t et les effets possibles de ces structures am�lior�es ou nouvelles avant de les proposer aux b�n�ficiaires potentiels.

II.4 Le stockage communautaire

Le stockage communautaire couvre des quantit�s de produits variant de quelques tonnes � quelques centaines de tonnes. C'est un stockage interm�diaire entre le stockage villageois et le stockage commercial.

Le stockage communautaire est n�cessaire chaque fois que la production locale exc�de les besoins de la population rurale. Les exc�dents doivent alors �tre commercialis�s � un. prix r�mun�rateur pour l'agriculteur. Le stockage communautaire permet d'obtenir un tel prix gr�ce:

- � la possibilit� de maintenir le produit stock� pendant de longues p�riodes sans grands risques de d�t�rioration, en attendant que s'�tablisse une meilleure ad�quation entre l'offre et la demande;

- au plus grand pouvoir de n�gociation dont b�n�ficient les propri�taires du stockage communautaire par rapport � celui dont b�n�ficierait un agriculteur isol�.

De plus, le stockage communautaire est quelquefois indispensable dans le cas o� les chemins ou routes d'acc�s aux villages sont impraticables pendant une partie de l'ann�e. Le grain doit alors �tre transport� dans des charrettes jusqu'au centre de stockage communautaire situ� pr�s d'une route principale.

Le Chapitre IV de ce dossier d�crit deux syst�mes de stockage communautaire: le stockage en vrac et le stockage en sacs. Compte tenu du fait que le stockage en sacs est plus utilis� par les petits centres communautaires, il est d�crit de mani�re plus d�taill�e.

III. LES PERTES APRES RECOLTE

Les pertes apr�s r�colte ne sont pas uniquement dues au stockage. Elles peuvent se produire au cours des diff�rentes phases du syst�me post-r�colte, soit pendant la r�colte, la manutention, le battage, le s�chage, le stockage et la transformation des produits. Ainsi, une am�lioration des syst�mes de stockage ne devrait contribuer qu'en partie � la diminution des pertes. Le tableau I.2 fournit une estimation des pertes apr�s r�colte sur le riz en Asie du Sud-Est. On peut noter que les pertes dues au stockage sont du m�me ordre de grandeur que celles d�es � la mauvaise manutention des grains, au battage ou � l'usinage.

Des estimations pr�cises des pertes durant le stockage ne sont pas disponibles pour l'ensemble des pays en d�veloppement. Ces pertes sont aussi bien d'ordre quantitatif (pertes pond�rales) que qualitatif (pertes de qualit� nutritionnelle, technologique ou germinative). Elles se traduisent par des pertes mon�taires pour le producteur, le d�taillant ou pour le pays qui doit alors recourir aux importations pour pallier le d�ficit national en produits vivriers qu'elles engendrent.

Tableau I.2
Pertes apr�s r�colte de riz en Asie du Sud-Est

Op�ration

Fourchette de pertes pond�rales (pourcentage)

R�colte

1 - 3

Manutention

2 - 7

Battage

2 - 6

S�chage

1 - 5

Stockage

2 - 6

Transformation (usinage)

2 - 10

Total

10 - 37

Source: D.B. Depadua

Le niveau des pertes ou d�gradations de grain varie d'un pays � l'autre et selon le type d'activit� (par exemple battage, stockage), le type de grains (par exemple riz, ma�s) et les techniques de stockage. Ainsi, le niveau varie de quelques points de pourcentage dans certains cas � plus de 30 pour cent dans certains pays ou pour certains syst�mes de stockage. Des pertes moyennes de 10 � 15 pour cent sont assez courantes dans un grand nombre de pays en d�veloppement. Ces estimations, que l'on retrouve dans de nombreux rapports ou �tudes, ne doivent cependant pas �tre prises � la lettre. Les recherches dans ce domaine sont encore assez fragmentaires et leurs r�sultats sont loin d'�tre g�n�ralisables. En effet, les m�thodes d'estimation des pertes ne sont pas encore tout � fait au point et leur application est souvent difficile, faute de moyens ou de temps suffisants. De plus, il arrive souvent que les agriculteurs refusent, pour diverses raisons, de coop�rer avec les chercheurs.

L'impr�cision des estimations de pertes de grain sont d�es principalement aux facteurs suivants:

- n�gligence de certains facteurs de d�t�rioration des grains lors du stockage du fait des difficult�s � estimer certaines pertes d'ordre qualitatif;

- manque de moyens pour effectuer des recherches portant sur plusieurs ann�es cons�cutives et dans plusieurs villages. Les r�sultats de la recherche ne se pr�tent pas � une g�n�ralisation car ils ne portent que sur une ann�e (ou une partie d'ann�e) qui n'est pas caract�ristique du point de vue climatologique (par exemple ann�e de s�cheresse ou excessivement pluvieuse) ou sur un seul village qui utilise des m�thodes de stockage diff�rentes de celles des autres villages;

- r�ticence des villageois ou manque de coop�ration de leur part. Le chercheur doit alors compter uniquement sur ses propres ressources.

Il convient �galement de noter que l'estimation d'un taux moyen de pertes annuelles n'est souvent pas repr�sentatif de l'ampleur du probl�me. En effet, le taux des pertes augmente avec la dur�e de la p�riode de stockage. Ainsi, il est beaucoup plus faible en d�but qu'en fin de p�riode. C'est vers la fin de la p�riode que les r�serves de grains ne sont plus suffisantes pour satisfaire les besoins des populations rurales. Par cons�quent, un taux de pertes �lev� en fin de p�riode de stockage ne fait qu'aggraver la situation, bien que le taux moyen annuel soit relativement bas.

Les pertes ou d�gradation des grains sont g�n�ralement dues aux facteurs suivants:

- stockage de grains insuffisamment secs;

- syst�me de stockage mal ventil�;

- chaleur excessive � l'int�rieur de la zone de stockage d�e � une mauvaise isolation ou � l'activit� des grains;

- mauvaise protection contre les rongeurs, insectes, et l'humidit� ext�rieure;

- stockage de grains cass�s, �rafl�s ou m�l�s � des impuret�s;

- manque de moyens pour acheter des insecticides ou autres produits de protection.

Les m�canismes qui d�terminent le niveau des pertes et des d�gradations des grains sont d�crits en d�tail au Chapitre II. Dans ce chapitre et dans les chapitres suivants sont sugg�r�s des moyens de lutte afin de minimiser les pertes. Cependant, l'utilisation de l'un ou l'autre de ces moyens n'est pas toujours justifi�e d'un point de vue �conomique et il est parfois difficile de convaincre les petits agriculteurs d'engager des d�penses pour limiter les pertes. Par exemple, il serait difficile de convaincre un agriculteur d'acheter des insecticides pour r�duire ses pertes de 1 � 2 pour cent si le co�t des insecticides est �gal ou sup�rieur � celui du grain perdu.

IV. ELEMENTS POUR UNE STRATEGIE NATIONALE DU STOCKAGE DES GRAINS

Une strat�gie nationale de stockage des grains a pour but de sp�cifier l'importance relative de chaque syst�me de stockage (commercial, communautaire et villageois) en tenant compte de certains facteurs techniques, �conomiques et sociaux. Une telle strat�gie doit aussi inclure tous les �l�ments n�cessaires pour d�terminer les sites et les techniques de stockage, le volume maximum des stocks, etc.

Il n'entre pas dans le cadre de ce dossier technique de fournir une description d�taill�e de tous les �l�ments de cette strat�gie. Les diff�rents �l�ments � prendre en consid�ration sont les suivants:

- co�t du transport du grain;

- co�t unitaire du stockage pour chaque syst�me envisag�;

- co�t des pertes associ�es � chaque syst�me;

- objectifs de d�veloppement du pays (g�n�ration d'emplois productifs, balance des comptes, industrialisation rurale et am�lioration des revenus des couches sociales d�favoris�es).

Le but d'une strat�gie nationale du stockage est de minimiser la somme de ces co�ts compte tenu des objectifs de d�veloppement national. Ainsi, la strat�gie retenue n'est pas n�cessairement la moins co�teuse. Les diff�rents �l�ments d'une telle strat�gie sont bri�vement analys�s ci-dessous.

IV.1 Co�t du transport du grain

Le co�t annuel du transport du grain est fonction de la localisation des diff�rents syst�mes de stockage par rapport:

- aux zones de production;
- aux zones de commercialisation;
- aux zones de transformation du grain et de consommation.

Il est aussi fonction des diff�rents syst�mes de transport disponibles dans le pays et de leur co�t unitaire (par exemple, co�t par tonne-kilom�tre).

Dans certains cas, la localisation d'un ou plusieurs syst�mes de stockage est pr�d�termin�e. Un pays exportateur de grain doit par n�cessit� �tablir d'importants syst�mes de stockage � la p�riph�rie des ports ou des gares ferroviaires. De m�me, l'existence de grands centres urbains �loign�s des zones de production n�cessite l'�tablissement d'importants syst�mes de stockage pr�s de ces centres afin d'assurer la s�curit� alimentaire des populations urbaines.

Le co�t annuel du transport du grain devra �tre estim� pour chaque strat�gie de stockage consid�r�e par le gouvernement.

IV.2 Co�t unitaire du stockage

Le co�t unitaire du stockage varie en fonction du syst�me adopt� (villageois, communautaire ou commercial), du choix de la technique de stockage (en vrac, en sacs) et de la localisation des structures de stockage. Le Chapitre V d�crit une m�thodologie relativement simple qui peut �tre utils�e pour une premi�re estimation du co�t unitaire de stockage.

Il n'existe pas, � priori, un syst�me plus avantageux qu'un autre. Chaque syst�me peut, sous certaines conditions, �tre le moins co�teux. Cependant, les syst�mes de stockage villageois pr�sentent souvent les co�ts unitaires les plus bas car ils utilisent de la mati�re premi�re disponible localement et souvent gratuite (de la terre, des d�chets v�g�taux) et une main d'oeuvre peu co�teuse ou gratuite (par exemple, le fermier peut construire son propre syst�me de stockage pendant les p�riodes creuses).

IV.3 Co�t des pertes

Le co�t des pertes de grains doivent aussi �tre pris en consid�ration lors de l'�valuation de diff�rentes strat�gies nationales du stockage. Par exemple, des syst�mes de stockage � faible co�t unitaire peuvent donner lieu � des pertes relativement importantes de grain. Ainsi, il est quelquefois plus avantageux de choisir des syst�mes de stockage � co�t unitaire �lev� s'ils peuvent assurer une protection ad�quate du grain.

Comme on l'a vu pr�c�demment, il est difficile d'estimer les pertes associ�es � diff�rents syst�mes de stockage. Par cons�quent, il sera peut �tre n�cessaire d'effectuer des recherches dans ce domaine afin d'assurer le meilleur choix d'une strat�gie nationale du stockage.

IV.4 Objectifs de d�veloppement

Le choix d'une strat�gie nationale du stockage devra souvent prendre en consid�ration les objectifs de d�veloppement du pays. Par exemple, le choix d'un syst�me de stockage en vrac est en contradiction avec l'objectif de d�veloppement de l'emploi car un tel syst�me n�cessite moins de main-d'oeuvre par tonne log�e qu'un syst�me de stockage en sacs. De m�me, certains syst�mes n�cessitent davantage d'�quipements import�s que d'autres et sont donc en contradiction avec une politique visant � am�liorer la balance des comptes. Ainsi, le planificateur devra juger du m�rite de tel ou tel syst�me de stockage en fonction de ses effets socio-�conomiques et des objectifs de d�veloppement du pays.

V. MISE EN OEUVRE DE LA STRATEGIE NATIONALE DE STOCKAGE

Une fois formul�e, la strat�gie nationale du stockage des grains doit �tre appliqu�e. Pour ce faire, plusieurs mesures doivent �tre �labor�es et appliqu�es par le gouvernement afin de favoriser telle ou telle strat�gie retenue.

V.1 Mesures en faveur de la recherche-d�veloppement

Le gouvernement devra favoriser la recherche-d�veloppement en mati�re de stockage des grains. Cette recherche pourra se faire par les centres universitaires ou centres de recherches sp�cialis�s. Le probl�me des pertes devra �tre �tudi� en priorit� afin de d�terminer leur importance.

Les syst�mes de stockage villageois devront �galement �tre test�s et �ventuellement am�lior�s. La recherche ne devrait pas se limiter au seul domaine technique. Des investigations socio-�conomiques devront �galement �tre faites pour d�terminer les avantages des diff�rents syst�mes et leur acceptation par les agriculteurs.

V.2 Programmes de formation

La diffusion et l'application de nouveaux syst�mes de stockage villageois n�cessite une formation des utilisateurs par des agents de vulgarisation. La m�me d�marche est n�cessaire pour promouvoir des syst�mes de stockage am�lior�s ou des techniques de traitement des grains. Dans tous les cas, il faut s'assurer que les techniques propos�es sont appropri�es d'un point de vue technique, �conomique et social.

V.3 Assistance financi�re

Il est parfois plus avantageux pour un groupe de villages d'entreposer les grains dans une structure de stockage communautaire. Un tel syst�me est cependant co�teux et n�cessite des investissements importants. Pour autant qu'il soit justifi� sur un plan �conomique et social, un tel syst�me peut �tre subventionn� en totalit� ou en partie par le gouvernement. De m�me, des cr�dits pourraient �tre offerts aux groupements villageois � des taux pr�f�rentiels.

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