Pour de nombreux pays en d�veloppement o� la base de l'alimentation est principalement constitu�e de produits c�r�aliers, le stockage des grains joue un r�le socio-�conomique important. Il permet tout d'abord de diff�rer dans le temps l'utilisation de produits vivriers r�colt�s en grande quantit� � une p�riode donn�e, et de fournir ainsi aux populations des ressources alimentaires tout au long de l'ann�e. En assurant d'autre part la constitution de r�serves sur plusieurs ann�es, utilisables en cas de disette, il participe directement � la s�curit� alimentaire des zones g�ographiques o� les al�as du climat ne permettent pas toujours la reconstitution annuelle des stocks alimentaires.
En second lieu, le stockage joue un r�le r�gulateur au niveau de la commercialisation des grains. Il permet en effet de r�gulariser le flot de grains �coul� sur le march� et d'assurer ainsi un meilleur �quilibre entre l'offre et la demande afin d'�viter des fluctuations excessives des prix. Ce r�le �conomique important est tenu par les offices c�r�aliers qui disposent d'importantes capacit�s de stockage ainsi que par les syst�mes de stockage communautaire.
Le stockage permet enfin de conserver les semences n�cessaires aux r�coltes futures ainsi que l'approvisionnement r�gulier des industries de transformation telles que les rizeries, les maiseries et les semouleries.
Etant donn�e l'importance du stockage des grains, il est essentiel que celui-ci puisse �tre organis� de mani�re � assurer pleinement les diff�rents r�les �num�r�s ci-dessus.
Pour cela, il est n�cessaire de formuler une strat�gie nationale du stockage des grains qui tienne compte des �l�ments suivants:
- importance � attribuer � diff�rents syst�mes de stockage (stockage villageois, communautaire, commercial);- moyens � mettre en oeuvre pour am�liorer les diff�rents syst�mes de stockage utilis�s dans le pays;
- introduction de nouveaux syst�mes de stockage, si n�cessaire;
- n�cessit� d'introduire de nouvelles mesures sociales, fiscales et mon�taires afin d'assurer un stockage appropri� de la production nationale de grains;
- n�cessit� d'effectuer des recherches pour d�terminer, entre autres, le niveau des pertes ou pour d�velopper et tester de nouveaux syst�mes de stockage.
Tous ces aspects sont analys�s dans les sections suivantes et les �l�ments d'une strat�gie nationale du stockage des grains sont sugg�r�s � l'intention de ceux qui sont charg�s d'�laborer et d'appliquer une telle strat�gie.
Diff�rents groupes sociaux pratiquent le stockage de produits vivriers dans des buts bien sp�cifiques. On peut distinguer:
- les producteurs qui stockent les grains afin de satisfaire les besoins alimentaires de leur famille, conserver des semences et revendre les �ventuels surplus � une p�riode o� les prix sont r�mun�rateurs;- les n�gociants qui ach�tent les produits � bas prix en p�riode de r�colte et les stockent pour les revendre avec profit � des p�riodes ult�rieures;
- les responsables d'industries alimentaires qui doivent disposer en permanence d'une mati�re premi�re suffisante et de qualit� homog�ne;
- les responsables d'offices c�r�aliers qui, au niveau national, sont charg�s de r�gulariser le flux de grains afin d'assurer l'approvisionnement r�gulier des populations.
Le syst�me de stockage adopt� d�pend donc, en grande partie, des besoins et caract�ristiques des groupes sociaux concern�s. On peut toutefois distinguer trois syst�mes principaux de stockage des grains:
- le stockage villageois concerne une ou plusieurs familles, ne d�passe pas g�n�ralement quelques tonnes (la moyenne est souvent inf�rieure � une tonne) et est compl�tement g�r� par le producteur lui-m�me;- le stockage communautaire concerne un ou plusieurs villages, ne d�passe pas g�n�ralement quelques centaines de tonnes et est g�r� par des salari�s, y compris des ouvriers qualifi�s;
- le stockage commercial concerne plusieurs r�gions ou tout un pays, d�passe en g�n�ral plusieurs milliers de tonnes et est g�r� par de grandes entreprises priv�es ou para-�tatiques.
Compte-tenu des objectifs de la s�rie des dossiers techniques, seuls les deux premiers syst�mes de stockage (villageois et communautaire) sont d�crits en d�tail dans les chapitres suivants. Les lecteurs d�sireux d'obtenir plus d'informations sur les syst�mes de stockage commercial pourront s'adresser � des fabricants d'�quipements ou des firmes d'ing�nierie. Cependant, les aspects socio-�conomiques des trois syst�mes de stockage �num�r�s ci-dessus seront �tudi�s dans ce chapitre afin de mieux cerner l'ensemble des �l�ments � prendre en compte lors de l'�laboration d'une strat�gie nationale de stockage des grains.
Le stockage commercial concerne de grandes quantit�s de grains (plusieurs milliers ou dizaines de milliers de tonnes) produits localement ou import�s (aide alimentaire, achats � l'ext�rieur). Les centres de stockage se trouvent g�n�ralement pr�s des centres urbains d'o� s'organisent la distribution des stocks sur l'ensemble du pays et, �ventuellement, l'exportation � partir de ports ou gares ferroviaires.
Le stockage commercial des grains est du ressort des entreprises priv�es ou para-�tatiques et des grands moulins qui stockent les grains dans le but d'�viter l'arr�t de la production, faute de mati�res premi�res.
Les entreprises para-�tatiques maintiennent des stocks pour quatre raisons principales:
- assurer l'approvisionnement des grands centres urbains et des r�gions qui ne produisent pas assez de grains pour leurs propres besoins;- temp�rer les grandes fluctuations de prix par une meilleure ad�quation de l'offre et de la demande;
- assurer une s�curit� alimentaire � long terme en stockant les surplus des bonnes ann�es agricoles;
- assurer le stockage d'importations massives de grains (par exemple aide alimentaire) ou celui de grains destin�s � l'exportation.
Quelles que soient les conditions de production et de commercialisation des grains dans un pays, il est difficile d'�viter le stockage commercial. Ce dernier diff�re d'un pays � l'autre en termes de quantit�s stock�es ou de techniques de stockage. Par exemple, les pays qui importent une grande partie de leurs besoins en grains utilisent davantage le stockage commercial que les pays � population fortement ruralis�e, produisant assez de grains pour leur propre consommation et en exportant peu ou pas.
De m�me, il existe deux techniques principales de stockage commercial: le stockage en sacs et le stockage en vrac. Les pays op�rent aussi des choix diff�rents entre ces deux techniques d'apr�s des consid�rations d'ordre technique, �conomique ou historique. Le tableau I.1 compare ces deux syst�mes de stockage de diff�rents points de vue. Cette comparaison est fournie uniquement � titre indicatif; ainsi, tout choix de syst�me de stockage commercial devra �tre fait sur la base de donn�es techniques et �conomiques pr�cises par des sp�cialistes du stockage. Cependant, les indications port�es au tableau I.1 sont souvent v�rifi�es dans la pratique. En particulier, les investissements par tonne log�e sont plus �lev�s pour un syst�me de stockage en vrac que pour un syst�me de stockage en sacs. Par contre, le co�t unitaire de fonctionnement (co�t de main-d'oeuvre en particulier) favorise, en g�n�ral, le choix d'un syst�me de stockage en vrac. Un autre facteur, d'un int�r�t particulier pour les pays en d�veloppement, concerne les qualifications requises pour le fonctionnement et la maintenance des centres de stockage. Ce facteur favorise davantage les syst�mes de stockage en sacs, qui n�cessitent un personnel beaucoup moins qualifi� que les syst�mes de stockage en vrac.
Les avantages et inconv�nients du syst�me de stockage commercial par rapport � d'autres syst�mes (villageois et communautaire) sont analys�s � la section IV de ce chapitre.
Tableau I.1
Comparaison entre les syst�mes de stockage en vrac et de stockage en sac
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Caract�ristiques |
Stockage en vrac |
Stockage en sac |
|
Utilisation du volume offert |
Maximum |
Souvent r�duite |
|
Polyvalence |
Faible |
Possible |
|
Rotation des stocks |
Ais�e |
Difficile |
|
Surveillance des stocks et facilit� de traitement |
Bonnes |
Difficiles |
|
Protection contre les rongeurs |
Pratiquement totale |
Souvent difficile |
|
Co�t d'investissement |
Elev� |
Moyen |
|
Recours � des entreprises sp�cialis�es |
Tr�s fr�quent |
Rare |
|
Niveau de m�canisation |
Important |
Assez faible |
|
Co�t de fonctionnement |
Moyen |
Elev� |
|
Besoins en main-d'oeuvre |
Faibles |
Elev�s |
|
Qualifications requises |
Importantes |
Faibles |
|
Sophistication de la technique |
Oui |
Non |
Bien que le stockage villageois, implant� au niveau des zones de production, n'int�resse que de faibles quantit�s de produits (quelques centaines de kilogrammes � quelques tonnes), il joue un r�le capital en mati�re de s�curit� alimentaire. Dans les pays en d�veloppement, plus de 80 pour cent de la r�colte est en effet stock�e dans des greniers villageois.
Les m�thodes de stockage villageois varient d'un pays � l'autre voire dans certains cas d'une r�gion � l'autre d'un m�me pays selon:
- les conditions climatiques (zone s�che, zone humide);- la nature du produit (c�r�ales, l�gumineuses, �pis, gousses, grains);
- l'utilisation ult�rieure des grains (consommation, vente, semences),
- le mode de stockage des produits (grains en vrac, en sacs);
- les m�thodes de lutte contre les d�pr�dateurs;
- les mat�riaux de construction disponibles localement et le savoir-faire des artisans et entreprises locaux.
Dans le Chapitre III du pr�sent dossier technique, diff�rentes m�thodes de stockage villageois sont expos�es. Il est admis qu'en g�n�ral, les syst�mes utilis�s par les paysans sont souvent satisfaisants car ils sont le fruit d'une pratique traditionnelle de stockage qui s'est am�lior�e au cours des g�n�rations. Cependant, l'introduction de nouvelles m�thodes agriculturales ou de nouvelles vari�t�s de semences ont quelquefois donn� lieu � des situations difficilement ma�trisables par le savoir-faire traditionnel. Par exemple, certaines vari�t�s nouvelles de grains sont plus productives et moins r�sistantes � diverses attaques que les vari�t�s locales. Ainsi, il est n�cessaire d'am�liorer le syst�me de stockage traditionnel afin de minimiser les effets de ces attaques. De m�me, une augmentation importante de la production n�cessite souvent de nouvelles structures de stockage car il n'est pas toujours possible d'augmenter simplement le nombre ou le volume des structures traditionnelles. Le Chapitre III de ce dossier �value ces structures et propose un certain nombre d'am�liorations. De nouvelles structures de stockage villageois sont aussi d�crites. Cependant, comme on le verra plus loin, il est important de bien analyser le co�t et les effets possibles de ces structures am�lior�es ou nouvelles avant de les proposer aux b�n�ficiaires potentiels.
Le stockage communautaire couvre des quantit�s de produits variant de quelques tonnes � quelques centaines de tonnes. C'est un stockage interm�diaire entre le stockage villageois et le stockage commercial.
Le stockage communautaire est n�cessaire chaque fois que la production locale exc�de les besoins de la population rurale. Les exc�dents doivent alors �tre commercialis�s � un. prix r�mun�rateur pour l'agriculteur. Le stockage communautaire permet d'obtenir un tel prix gr�ce:
- � la possibilit� de maintenir le produit stock� pendant de longues p�riodes sans grands risques de d�t�rioration, en attendant que s'�tablisse une meilleure ad�quation entre l'offre et la demande;- au plus grand pouvoir de n�gociation dont b�n�ficient les propri�taires du stockage communautaire par rapport � celui dont b�n�ficierait un agriculteur isol�.
De plus, le stockage communautaire est quelquefois indispensable dans le cas o� les chemins ou routes d'acc�s aux villages sont impraticables pendant une partie de l'ann�e. Le grain doit alors �tre transport� dans des charrettes jusqu'au centre de stockage communautaire situ� pr�s d'une route principale.
Le Chapitre IV de ce dossier d�crit deux syst�mes de stockage communautaire: le stockage en vrac et le stockage en sacs. Compte tenu du fait que le stockage en sacs est plus utilis� par les petits centres communautaires, il est d�crit de mani�re plus d�taill�e.
Les pertes apr�s r�colte ne sont pas uniquement dues au stockage. Elles peuvent se produire au cours des diff�rentes phases du syst�me post-r�colte, soit pendant la r�colte, la manutention, le battage, le s�chage, le stockage et la transformation des produits. Ainsi, une am�lioration des syst�mes de stockage ne devrait contribuer qu'en partie � la diminution des pertes. Le tableau I.2 fournit une estimation des pertes apr�s r�colte sur le riz en Asie du Sud-Est. On peut noter que les pertes dues au stockage sont du m�me ordre de grandeur que celles d�es � la mauvaise manutention des grains, au battage ou � l'usinage.
Des estimations pr�cises des pertes durant le stockage ne sont pas disponibles pour l'ensemble des pays en d�veloppement. Ces pertes sont aussi bien d'ordre quantitatif (pertes pond�rales) que qualitatif (pertes de qualit� nutritionnelle, technologique ou germinative). Elles se traduisent par des pertes mon�taires pour le producteur, le d�taillant ou pour le pays qui doit alors recourir aux importations pour pallier le d�ficit national en produits vivriers qu'elles engendrent.
Tableau I.2
Pertes apr�s r�colte de riz en Asie
du Sud-Est
|
Op�ration |
Fourchette de pertes pond�rales (pourcentage) |
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R�colte |
1 - 3 |
|
Manutention |
2 - 7 |
|
Battage |
2 - 6 |
|
S�chage |
1 - 5 |
|
Stockage |
2 - 6 |
|
Transformation (usinage) |
2 - 10 |
|
Total |
10 - 37 |
Source: D.B. Depadua
Le niveau des pertes ou d�gradations de grain varie d'un pays � l'autre et selon le type d'activit� (par exemple battage, stockage), le type de grains (par exemple riz, ma�s) et les techniques de stockage. Ainsi, le niveau varie de quelques points de pourcentage dans certains cas � plus de 30 pour cent dans certains pays ou pour certains syst�mes de stockage. Des pertes moyennes de 10 � 15 pour cent sont assez courantes dans un grand nombre de pays en d�veloppement. Ces estimations, que l'on retrouve dans de nombreux rapports ou �tudes, ne doivent cependant pas �tre prises � la lettre. Les recherches dans ce domaine sont encore assez fragmentaires et leurs r�sultats sont loin d'�tre g�n�ralisables. En effet, les m�thodes d'estimation des pertes ne sont pas encore tout � fait au point et leur application est souvent difficile, faute de moyens ou de temps suffisants. De plus, il arrive souvent que les agriculteurs refusent, pour diverses raisons, de coop�rer avec les chercheurs.
L'impr�cision des estimations de pertes de grain sont d�es principalement aux facteurs suivants:
- n�gligence de certains facteurs de d�t�rioration des grains lors du stockage du fait des difficult�s � estimer certaines pertes d'ordre qualitatif;- manque de moyens pour effectuer des recherches portant sur plusieurs ann�es cons�cutives et dans plusieurs villages. Les r�sultats de la recherche ne se pr�tent pas � une g�n�ralisation car ils ne portent que sur une ann�e (ou une partie d'ann�e) qui n'est pas caract�ristique du point de vue climatologique (par exemple ann�e de s�cheresse ou excessivement pluvieuse) ou sur un seul village qui utilise des m�thodes de stockage diff�rentes de celles des autres villages;
- r�ticence des villageois ou manque de coop�ration de leur part. Le chercheur doit alors compter uniquement sur ses propres ressources.
Il convient �galement de noter que l'estimation d'un taux moyen de pertes annuelles n'est souvent pas repr�sentatif de l'ampleur du probl�me. En effet, le taux des pertes augmente avec la dur�e de la p�riode de stockage. Ainsi, il est beaucoup plus faible en d�but qu'en fin de p�riode. C'est vers la fin de la p�riode que les r�serves de grains ne sont plus suffisantes pour satisfaire les besoins des populations rurales. Par cons�quent, un taux de pertes �lev� en fin de p�riode de stockage ne fait qu'aggraver la situation, bien que le taux moyen annuel soit relativement bas.
Les pertes ou d�gradation des grains sont g�n�ralement dues aux facteurs suivants:
- stockage de grains insuffisamment secs;- syst�me de stockage mal ventil�;
- chaleur excessive � l'int�rieur de la zone de stockage d�e � une mauvaise isolation ou � l'activit� des grains;
- mauvaise protection contre les rongeurs, insectes, et l'humidit� ext�rieure;
- stockage de grains cass�s, �rafl�s ou m�l�s � des impuret�s;
- manque de moyens pour acheter des insecticides ou autres produits de protection.
Les m�canismes qui d�terminent le niveau des pertes et des d�gradations des grains sont d�crits en d�tail au Chapitre II. Dans ce chapitre et dans les chapitres suivants sont sugg�r�s des moyens de lutte afin de minimiser les pertes. Cependant, l'utilisation de l'un ou l'autre de ces moyens n'est pas toujours justifi�e d'un point de vue �conomique et il est parfois difficile de convaincre les petits agriculteurs d'engager des d�penses pour limiter les pertes. Par exemple, il serait difficile de convaincre un agriculteur d'acheter des insecticides pour r�duire ses pertes de 1 � 2 pour cent si le co�t des insecticides est �gal ou sup�rieur � celui du grain perdu.
Une strat�gie nationale de stockage des grains a pour but de sp�cifier l'importance relative de chaque syst�me de stockage (commercial, communautaire et villageois) en tenant compte de certains facteurs techniques, �conomiques et sociaux. Une telle strat�gie doit aussi inclure tous les �l�ments n�cessaires pour d�terminer les sites et les techniques de stockage, le volume maximum des stocks, etc.
Il n'entre pas dans le cadre de ce dossier technique de fournir une description d�taill�e de tous les �l�ments de cette strat�gie. Les diff�rents �l�ments � prendre en consid�ration sont les suivants:
- co�t du transport du grain;- co�t unitaire du stockage pour chaque syst�me envisag�;
- co�t des pertes associ�es � chaque syst�me;
- objectifs de d�veloppement du pays (g�n�ration d'emplois productifs, balance des comptes, industrialisation rurale et am�lioration des revenus des couches sociales d�favoris�es).
Le but d'une strat�gie nationale du stockage est de minimiser la somme de ces co�ts compte tenu des objectifs de d�veloppement national. Ainsi, la strat�gie retenue n'est pas n�cessairement la moins co�teuse. Les diff�rents �l�ments d'une telle strat�gie sont bri�vement analys�s ci-dessous.
Le co�t annuel du transport du grain est fonction de la localisation des diff�rents syst�mes de stockage par rapport:
- aux zones de production;
- aux zones de commercialisation;
- aux zones de transformation du grain et de consommation.
Il est aussi fonction des diff�rents syst�mes de transport disponibles dans le pays et de leur co�t unitaire (par exemple, co�t par tonne-kilom�tre).
Dans certains cas, la localisation d'un ou plusieurs syst�mes de stockage est pr�d�termin�e. Un pays exportateur de grain doit par n�cessit� �tablir d'importants syst�mes de stockage � la p�riph�rie des ports ou des gares ferroviaires. De m�me, l'existence de grands centres urbains �loign�s des zones de production n�cessite l'�tablissement d'importants syst�mes de stockage pr�s de ces centres afin d'assurer la s�curit� alimentaire des populations urbaines.
Le co�t annuel du transport du grain devra �tre estim� pour chaque strat�gie de stockage consid�r�e par le gouvernement.
Le co�t unitaire du stockage varie en fonction du syst�me adopt� (villageois, communautaire ou commercial), du choix de la technique de stockage (en vrac, en sacs) et de la localisation des structures de stockage. Le Chapitre V d�crit une m�thodologie relativement simple qui peut �tre utils�e pour une premi�re estimation du co�t unitaire de stockage.
Il n'existe pas, � priori, un syst�me plus avantageux qu'un autre. Chaque syst�me peut, sous certaines conditions, �tre le moins co�teux. Cependant, les syst�mes de stockage villageois pr�sentent souvent les co�ts unitaires les plus bas car ils utilisent de la mati�re premi�re disponible localement et souvent gratuite (de la terre, des d�chets v�g�taux) et une main d'oeuvre peu co�teuse ou gratuite (par exemple, le fermier peut construire son propre syst�me de stockage pendant les p�riodes creuses).
Le co�t des pertes de grains doivent aussi �tre pris en consid�ration lors de l'�valuation de diff�rentes strat�gies nationales du stockage. Par exemple, des syst�mes de stockage � faible co�t unitaire peuvent donner lieu � des pertes relativement importantes de grain. Ainsi, il est quelquefois plus avantageux de choisir des syst�mes de stockage � co�t unitaire �lev� s'ils peuvent assurer une protection ad�quate du grain.
Comme on l'a vu pr�c�demment, il est difficile d'estimer les pertes associ�es � diff�rents syst�mes de stockage. Par cons�quent, il sera peut �tre n�cessaire d'effectuer des recherches dans ce domaine afin d'assurer le meilleur choix d'une strat�gie nationale du stockage.
Le choix d'une strat�gie nationale du stockage devra souvent prendre en consid�ration les objectifs de d�veloppement du pays. Par exemple, le choix d'un syst�me de stockage en vrac est en contradiction avec l'objectif de d�veloppement de l'emploi car un tel syst�me n�cessite moins de main-d'oeuvre par tonne log�e qu'un syst�me de stockage en sacs. De m�me, certains syst�mes n�cessitent davantage d'�quipements import�s que d'autres et sont donc en contradiction avec une politique visant � am�liorer la balance des comptes. Ainsi, le planificateur devra juger du m�rite de tel ou tel syst�me de stockage en fonction de ses effets socio-�conomiques et des objectifs de d�veloppement du pays.
Une fois formul�e, la strat�gie nationale du stockage des grains doit �tre appliqu�e. Pour ce faire, plusieurs mesures doivent �tre �labor�es et appliqu�es par le gouvernement afin de favoriser telle ou telle strat�gie retenue.
Le gouvernement devra favoriser la recherche-d�veloppement en mati�re de stockage des grains. Cette recherche pourra se faire par les centres universitaires ou centres de recherches sp�cialis�s. Le probl�me des pertes devra �tre �tudi� en priorit� afin de d�terminer leur importance.
Les syst�mes de stockage villageois devront �galement �tre test�s et �ventuellement am�lior�s. La recherche ne devrait pas se limiter au seul domaine technique. Des investigations socio-�conomiques devront �galement �tre faites pour d�terminer les avantages des diff�rents syst�mes et leur acceptation par les agriculteurs.
La diffusion et l'application de nouveaux syst�mes de stockage villageois n�cessite une formation des utilisateurs par des agents de vulgarisation. La m�me d�marche est n�cessaire pour promouvoir des syst�mes de stockage am�lior�s ou des techniques de traitement des grains. Dans tous les cas, il faut s'assurer que les techniques propos�es sont appropri�es d'un point de vue technique, �conomique et social.
Il est parfois plus avantageux pour un groupe de villages d'entreposer les grains dans une structure de stockage communautaire. Un tel syst�me est cependant co�teux et n�cessite des investissements importants. Pour autant qu'il soit justifi� sur un plan �conomique et social, un tel syst�me peut �tre subventionn� en totalit� ou en partie par le gouvernement. De m�me, des cr�dits pourraient �tre offerts aux groupements villageois � des taux pr�f�rentiels.